Nian Shou, le monstre du nouvel an chinois


Dans le folklore chinois traditionnel   Nian Shou est un animal maléfique à tête de lion et corps de taureau qui aurait selon la tradition donné son nom à l’année (nián : an ; shòu : bête). Sa légende est liée aux coutumes du Nouvel An chinois. Il est représenté comme un lion des danses de lions, bien que ces derniers soient des animaux auspicieux.

Dans les temps anciens, les légendes racontent qu’il existait un animal féroce qui, une fois par hiver, descendait des montagnes ou sortait de la mer pour s’approcher des villages, dévorant bêtes et gens sur son passage. Il ne venait qu’à la nuit tombée et disparaissait au lever du jour. Les années passant, la population finit par connaitre ses points faibles et savoir prédire le soir de sa venue. La bête craignait la lumière, le bruit et la couleur rouge. La résistance fut bientôt au point. Chaque hiver, à l’approche du soir fatidique, les villageois accrochaient des chiffons rouges aux portes, barricadaient bêtes et gens à l’intérieur et, n’osant pas s’endormir, mangeaient en bavardant les nombreux plats qu’ils avaient préparés en prévision de la nuit de veille.

Lorsqu’ils entendaient Nian rôder prés de leur maison, ils tapaient sur des casseroles pour le faire fuir. Ils passaient ainsi cette nuit sans dommage. Par la suite, le dieu stellaire Ziwei décida de descendre sur terre pour enchainer Nian, qui cessa définitivement de troubler les humains.

Ces coutumes sont répétées la nuit du réveillon encore de nos jours à travers les pétards, les feux de bengale et autres feux d’artifice, ainsi que par les caractères auspicieux (des Chun Lian) tracés sur papier rouge et collés sur les portes.

Hiérarchie spirituelle du bouddhisme en Chine

La structure du panthéon bouddhique relève d'une hiérarchie savante fondée sur les degrés de la réalisation spirituelle et ordonnée selon les doctrines du Grand Véhicule sur la "nature du Bouddha". Démultipliée dans le temps et dans l'espace, la figure du Bouddha historique Sakyamuni (en photo) s'y décline sous une infinité de formes. 
Le plus révéré des groupes auxquels il appartient demeure la triade composée des bouddhas des temps passé, présent et futur, triade qui a pu aussi être mise en relation avec les Trois Joyaux et la théorie des Trois Corps du Bouddha. Maitreya, le bouddha de l'Avenir, connut en Chine une fortune aussi grande qu'insolite. Sa venue devant inaugurer une ère de félicité sur la terre, il cristallisa maints mouvements messianiques et apparut bientôt sous l'apparence du moine Butai, énorme et débonnaire, réputé pour être son émanation dans le monde. 
Parmi les Bouddhas des Directions de l'espace, le plus important est celui de l'Ouest, Amitabha, dont le culte inspira une piété, une dévotion et une foi intenses, car il avait fait voeu d'accueillir en sa Terre pure, après leur mort, tous les êtres qui avaient pris refuge en lui.


Comme les autres bouddhas, il est accompagné de bodhisattvas "êtres d’Éveil", intermédiaires entre la perfection sublime des bouddhas et les déficiences des hommes. Parmi eux, figure Guanyin, "géant de la compassion" dont les multiples formes ont inspiré de nombreuses créations syncrétiques, féminines pour la plupart. Dans la Triade des trois saints de la région de l'Ouest, Guanyin figure aux côté d'Amitabha avec Dashizhi, "celui qui a atteind une grande force". 
Citons aussi les bodhisattvas Dizang, assimilé au souverain des enfers, Wenshu, le prince "à la douce parole", et Puxian, "l'universel bienfaiteur". Viennent ensuite les disciples au premier rang desquels se trouvent les Arhat (ou Luohan), restés en ce monde pour protéger la loi. Ils dominent à leur tour les divinités protectrices, d'origine humaine et divine, et la foule des êtres mythiques et fantastiques, régis, entre autres, par les rois gardiens des quatre orients et par le protecteur de la loi et des monastères, le général Weituo.

Dali dans le Yunnan, terre de Bouddhisme

 
La région de Dali située dans la province du Yunnan, dans le sud ouest de la Chine, est une authentique terre de bouddhisme. Sous l'influence des chinois et des tibétains, les souverains des peuples des royaumes de Nanzhao et de Dali, adoptèrent dès la fin du IXème siècle le bouddhisme du Grand Véhicule (Mahayana).
 
Le bouddhisme connut un immense rayonnement dans la région du lac Erhai. Autour du lac, la pagode des Milles éveils et deux autres pagodes plus petites ainsi que la montagne sacrée Jizu shan, située à l'est du lac, attiraient des milliers de pèlerins venus de toute la Chine. On peut admirer un monument au sommet qui accueille les pélerins (en photo).

Plusieurs souverains du royaume de Dali se firent moines à la fin de leur règne. Sous les dynasties Yuan et Ming, chaque monastère possédait des terres et une fortune qu'il faisait fructifier par des prêts à intérêt.

Cet âge d'or du bouddhisme a laissé de nombreuses traces sur les berges du lac et certains moines parlent aujourd'hui de redonner tout son essor au bouddhisme qui sommeille encore dans la région.

La Qilin, la licorne chinoise


Le ou la Qilin, est un animal chimérique de la mythologie chinoise qui ne réside que dans les endroits paisibles ou au voisinage d’un sage. En découvrir un est donc un bon présage. On lui prête aussi le pouvoir de donner un fils talentueux. Qi est le nom du mâle et lin celui de la femelle, qilin la combinaison des deux. 

Il est parfois appelé familièrement sibuxiang "qui ne ressemble à rien" (terme englobant différents animaux réels ou imaginaires d’aspect composite). Comme il apparait dans les textes (mais pas toujours dans les représentations) avec une corne unique, on le nomme aussi licorne.

Selon le Shuowen jiezi, dictionnaire de la dynastie Han, le Qilin est un animal doux et aimable, avec un corps de cerf, une queue de bœuf et une corne unique (parfois un bois de cerf). Duan Yucai des Qing, dans son édition commentée, précise que sa corne, enveloppée de chair contrairement à celle du rhinocéros, est symbole de sagesse et non arme ; elle lui permet de séparer les justes de ceux qui ont quelque chose à se reprocher. Il a des sabots fendus ou cinq doigts. D’autres lui prêtent un pelage tacheté et un ventre jaune ; cette description est peut-être influencée par l’aspect de la girafe ramenée d’Afrique en 1414 par Zheng He et accueillie par l’empereur comme un qilin, témoignage de son bon gouvernement. La qilin pouvait selon les légendes se déplaçer sur l’eau comme sur terre. Le mâle était appelé qi et la femelle lin.

Le Qilin est l’incarnation même de l’harmonie: sa voix est mélodieuse, sa démarche régulière. Il ne fait pas un pas sans avoir regardé auparavant où il va mettre le pied et ne détruit rien sous son sabot, pas même les brins d’herbe. Il ne traverse que les bons endroits et couche en terrain plat. Végétarien, il est nommé "bête bienveillante" ou "bête auspicieuse". 

On prétend qu’il est l’émanation de Taisui, dieu astral de Jupiter qui gouverne le destin de l’année, et qu’il peut vivre deux mille ans. Selon certains, le cri du mâle présage l’apparition d’un sage, celui de la femelle le retour à la paix ; le cri d’été est favorable à la croissance des enfants, celui d’automne restitue les forces. La Qilin est aussi le symbole de la longévité et de la félicité, elle est le signe d’une belle descendance et d’une sage administration. On raconte ainsi qu’une Qilin est apparue avant la naissance de Confucius.

Malgré son tempéramment pacifique, le Qilin peut, pour lutter contre le mal, cracher des flammes et rugir d’une voix de tonnerre.

Les séjours des immortels de la mythologie chinoise


Comme dans beaucoup de mythologie, les dieux immortels de la mythologie chinoise résidaient à part des hommes. Les séjours des immortels étaient les îles des Bienheureux et le mont Kunlun (en photo). A l'origine, ces îles étaient au nombre de cinq et dérivaient sur la mer de l'Est. Le jade et les perles y poussaient sur les arbres, les palais y étaient en or. Yuqiang reçut l'ordre de fixer ces îles et il les fit donc soutenir par des tortues.

Des géants pêchèrent une partie des tortues et les deux îles qu'elles supportaient sombrèrent dans la mer, si bien qu'il n'en resta que trois : Penglai, Yingzhou et Fangzhang. L'Empereur Céleste pour punir les géants réduisit leur taille. Le Mont Kunlun, situé sous l'étoile polaire, permettait de faire communiquer le ciel et la terre ; il était entouré de la rivière Ruoshi et d'une forêt en feu et gardé par des animaux fantastiques ; un magnifique jardin suspendu et le lac Yaochi y étaient situés ; et y résidait principalement la Reine Mère occident. Certains héros mythiques étaient invités et tolérés dans le domaine des dieux mais seulement pour un temps.