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Les grottes de Yungang


Les grottes de Yungang sont non seulement un chef-d’œuvre d’art bouddhique, mais aussi un important lieu de culte. Quelque 40 000 hommes encadrés par des artistes inspirés les ont sculptées dans le grès de la montagne. Protégées des regards indiscrets pendant des siècles, elles ont survécu aux pillages, aux intempéries et à la pollution. Situés dans le Shanxi, à 16 km à l’ouest de Datong, ces splendides sanctuaires rupestres ont été en grande partie aménagés à l’époque des Wei du Nord dans les profondeurs de la colline sacrée de Wuzhou. Les sculptures de personnages bouddhiques que l’on y trouve sont parmi les plus anciennes de Chine. Les plus importantes ont été réalisées entre 460 et 494, à l’époque où Datong était capitale dynastique. Taillées dans le grès par près de 40 000 ouvriers, ces grottes ont bien mieux résisté aux outrages du temps que les constructions en bois bâties à proximité (temples et pavillons), qui ont presque toutes disparu. 

Durant des siècles, le site ne fut fréquenté que par les dévots. Ce précieux isolement a cessé au début du XXe siècle lorsque des archéologues et des collectionneurs, ayant découvert ces grottes, s’y sont précipités et se sont emparés de leurs statues. De nombreuses pièces de prix ont été acheminées vers le Japon et les pays occidentaux, où elles se trouvent encore. Aujourd’hui les autorités chinoises s’efforcent de préserver au mieux le site, à la fois de l’usure du temps et des effets de la pollution. La décoration des grottes illustre l’évolution et la diversité de l’art bouddhique au fil des âges. Les 45 grottes taillées à même la roche qui ont subsisté abritent 5000 statues. Certaines sont de simples niches renfermant des bouddhas géants (le plus haut mesurant 17 m), d’autres sont conçues comme de véritables temples, protégées par des galeries de bois et ornées de reliefs. La thématique s’organise autour du personnage du Bouddha. Des Jataka, des contes retraçant les vies antérieures du Bouddha historique (Sakyamuni), sont illustrés sur les parois. On peut voir une scène où le Bouddha donne sa chair pour sauver une colombe et les 500 bandits dont on avait retiré les yeux. Dans une autre, il prélève des lambeaux de peau sur ses jambes afin de nourrir un aigle qui s’apprête à dévorer un oiseau. L’expressivité des visages et des postures donne à  ces scènes une véritable vie. Les grottes se succèdent sur environ 1 km. Elles se divisent en 3 groupes. La plus grande des grottes abritait jadis un sanctuaire. 

Le Bouddha de Leshan en Chine, le plus grand bouddha du monde



Les chiffres seuls ne peuvent rendre compte de l'immensité du plus grand bouddha du monde. Taillé dans la roche rouge des falaises, ce personnage assis mesure 71 mètres de haut. Ses oreilles sont longues de 7 mètres et l'on peut s'asseoir à plusieurs sur l'ongle du gros doigt de son pied. Les pieds du Bouddha sont en effet longs de 8 mètres et ses épaules ont 28 m de largeur.

La ville de Leshan se trouve dans le Sichuan, province du centre de la Chine. Sous la dynastie des Han postérieurs (25-220 après JC), plus de 1000 tombes rupestres ont été creusées dans les environs de la cité. Le Bouddha demeure cependant l'oeuvre la plus extraordinaire de la région. La statue, située au confluent des rivières Dadu He, Quingyijang et Minjiang, a été conçue par le moine bouddhiste Haitong. 

Haitong finança son projet grâce à des souscriptions publiques et à des contributions du gouvernement régional, alimentées par les revenus du sel. Le moine habitait une grotte derrière la tête du Bouddha. Quand un fonctionnaire véreux menaça de l'aveugler s'il ne lui remettait pas une part des fonds, il s'énucléa lui-même pour prouver sa détermination. Il mourut à la fin de l'entreprise, rendue possible en 803 par le gouvernement Wei Gao, qui fit don de son salaire pour finir les jambes et les pieds.

L'effigie, commencée en 713, a été édifiée pour aider les navigateurs à franchir les tourbillons des cours d'eau. Les sculpteurs n'ont pas compté que sur le regard paisible du personnage pour protéger les marins. Ils ont aussi utilisé la roche détachée de la falaise pendant les travaux pour combler les cavités du lit des rivières, qui provoquaient les dangereux remous.

Il a fallu 90 ans pour terminer la statue, appelée Dafo. Pour combattre l'érosion, elle a été équipée d'un système de drainage des eaux de pluie. Des poches d'humidité se forment pourtant, favorisant le développement de la végétation. Les fougères, qui se mêlent aux cheveux de la statue, et les fleurs, qui s'épanouissent sur ses mains, ne troublent nullement les pèlerins et les touristes affluant en masse. Près de la tête du Bouddha se dresse un temple auquel on accède par un escalier de plusieurs centaines de marches.

Le temple de la Source de la Loi à Pékin


Fondé sous les Tang, reconstruit sous les Ming et restauré récemment, se sanctuaire fut un grand centre d'études du bouddhisme. Peu connu, il offre au visiteur des œuvres d'arts de très grande valeur.

Fermant la première cour, la salle des Rois célestes (Tianwang dian) abrite des statues en bronze d'époque Ming. Précédé de stèles, le pavillon principal possède de belles colonnes peintes et une charpente avec poutres sculptées. Les trois statues de bronze du Bouddha, entouré de ses disciples Puxian et Wushu, et celles des arhat sont d'une excellente facture d'époque Qing.

La salle de la Grande Compassion (Dabei) est dédiée au bodhisattva Guanyin. Le bâtiment fut fondé en 645, la 19ème année du règne de l'empereur Taizong, au retour d'une campagne en Corée qui avait tournée au désastre. On peut y admirer diverses statues du bodhisattva, dont une très belle Guanyin qui daterait du VIIème siècle, des inscriptions (les plus anciennes sont d'époque Tang), des bronzes, des sculptures sur bois, des porcelaines.

Le dernier pavillon, dédié au bouddha du Futur (Rulai) abrite ssa statue en bronze doré, d'époque Ming (1368-1644), qui repose sur une fleur de lotus. La tige de cette fleur, disposée entre quatre autres bouddhas indiquant les points cardinaux, semble émerger d'une montagne aux Dix Mille Bouddhas, formée par un énorme renflement globulaire en bronze. Cet ensemble étonnant est présenté sur un socle de pierre sculpté.

La structure architecturale du temple-monastère bouddhique


Le temple monastère bouddhique a joué un rôle essentiel dans la pénétration du bouddhisme en Chine et dans son rayonnement. Le lieu de culte toujours associé à une activité économique, le temple adopta les règles d'organisation architecturales propres à la Chine (carré, symétrie orientée, horizontalité), puisqu'il se présentait comme le lieu de représentation d'une administration céleste. Mais il apporta  la verticalité de ses pagodes, comme il renouvela, dans le domaine artistique, la statuaire.
 
C'est par milliers que l'on compta les monastères bouddhiques lors des périodes glorieuses de cette religion, mais c'est aussi par milliers qu'on les détruisit en des temps de persécution et de condamnation. Il reste donc peu de temples très anciens ; c'est pourquoi on peut citer les deux plus anciens qui subsistent sur le territoire chinois et fréquemment visités : le Nanchan si (VIIIème siècle) et le Foguan si (IXème siècle) sur le Wutai shan (Shanxi). Par ailleurs le style  de construction évolua : les dynasties des Ming et des Qing furent marquées par un grand développement de l'ornementation. Le plan le plus répandu, prépondérant à partir de la dynastie des Tang, comprend trois groupes longitudinaux de bâtiments orientés selon l'axe Nord-Sud, l'entrée du monastère étant située au Sud.

Le groupe central est le seul accessible, les deux autres étant les logements des moines ou des édifices à usage administratif. Sur l'axe médian, on trouve successivement : un mur écran contre les démons ; la grande porte d'entrée, avec les statues des deux gardiens et, parfois, de chaque côté, la tour de la Cloche et la tour du Tambour, ainsi que deux piliers hexagonaux ou ronds, gravés d'incantations bouddhiques ; la salle des quatre Rois célestes, protecteurs du monde et de la loi bouddhique, qui gardent les quatre points cardinaux ; la salle principale, laquelle abrite l'autel central, qui présente, faisant face au fidèle, une statue du Bouddha Sakyamuni, ou encore une triade bouddhique ; derrière cet autel, tournée dans la direction opposée, une statue de Guanyin ; tout autour de la salle sont représentés les arhat ; enfin, on rencontre, après la salle principale, une construction à deux étages, avec une salle de méditation ou une salle de la Loi au rez-de-chaussée et une bibliothèque à sûtras au premier étage. 

Les principales fêtes traditionnelles chinoises


Voici les principales fêtes traditionnelles du calendrier chinois :

- La fête du Nouvel An ou fête du Printemps (Chunjie) : c'est le nouvel an chinois qui tombe deux mois lunaires après le solstice d'hiver. Sa date varie donc entre la mi-janvier et la mi-février. L'année écoulée devant s'achever dans la douceur, il est recommandé de manger sucré, de régler ses dettes et d'effacer les malheurs de l'an passé (rituel de balayage). C'est l'occasion de repeindre sa maison et de la décorer d'images du Nouvel An représentant la richesse, le bonheur, la fertilité et de se vêtir de neuf.

Les célébrations passent par d'importants banquets familiaux, lors desquels les enfants reçoivent des étrennes dans de petites enveloppes rouges. Les familles disposent d'une semaine pour rendre visite aux proches ou aux amis et déambuler dans les temples ou se déroulent foires commerciales et numéros de bateleurs. On y assiste notamment aux danse du dragon et du lion.

- La fête des lanternes (Yuanxiao jie). En ce 15ème jour du 1er mois lunaire, les parcs et sites populaires et s'illuminent de lanternes en papier fabriquées par les habitants ou les corporations. Les badauds se pressent pour les admirer.

Traditionnellement, on allumait 49 ou 108 limignons pour accueillir les divinités lors de leur descente sur terre, puis des lanternes de soie rouge pour laisser entrer les bons génies et chasser les mauvais. A cette occasion, on déguste des yuanxiao, boulettes de riz glutineux fourrées au sésame, aux cacahuètes et aux haricots rouges.

- La fête de la Pure lumière (Qingming jie). Autrefois fêtée le 15ème jour du 3ème mois lunaire, elle est fixée désormais entre le 20 et le 23 avril. Célébration bouddhiste à l'origine, elle est devenue la fête des morts et la principale manifestation du culte des ancêtres. Ce jour-là, dans les campagnes, on se rend en famille auprès des tombes ancestrales, dispersées autour parmi les cultures. Les sépultures sont nettoyées. On adresse aux morts des offrandes, sous forme de couronnes de fleurs de papier blanc et de monnaie factice, consumées pour renouveler le viatique du défunt, avant de conclure le rituel sur une explosion de pétards et un grand pique-nique. Les citadins, faute de cimetières à visiter, se rendent dans les temples bouddhiques pour entrer en contact avec leurs proches. 

Quantités de cadeaux leur sont adressés pour assurer leur bien-être, sous la forme de reproductions en papier à brûler de tout ce qui est nécessaire dans la nouvelle société de consommation, depuis la résidence de luxe à la voiture, en passant par l'électroménager. La fête de Qingming n'est pas chômée, mais considérée comme néfaste aux initiatives en matière d'entreprise, quelle qu'elle soit.

- La fête des Cerfs-Volants. Elle a lieu autour du 15ème jour du 3ème mois, pour avoir été autrefois liée à la fête de Pure lumière. Elle est particulièrement célébrée à Weifang, où se déroule un festival international de lancer de cerfs-volants.

- La fête de Mazu (Huanghui ou Niangnianghui). Le 23ème jour du 3ème mois lunaire, la déesse des marins est célébrée dans tous ses grands temples des régions côtières, en particulier à Fujian et à Hong Kong. L'effigie de Mazu est alors promenée dans les rues, juchée sur un petit bateau. De nombreuses processions ont également lieu dans les temples taoïstes.

- La fête du Double Cinq (Duanwu jie). En ce 5ème jour de la 5ème lune, on commémore le suicide par loyauté du poète Qu Yuan (340-278 av JC). Comme il s'était noyé dans le Yangzi jiang, les gens y avaient jeté des boulettes de riz, afin que les poissons s'en repaissent et laissent tranquille le corps du poète. Depuis on déguste à sa mémoire des zongzi, pâtés de riz enveloppés dans une feuille de bambou et fourrés de jujubes, marrons, jambon...Sur les lacs et les rivières, des courses en bateaux symbolisant des combats de dragons rappellent une ancienne fête des Eaux.

- La fête du Double Sept (Qixi jie). Le 7ème jour du 7ème mois lunaire célèbre les retrouvailles du Bouvier (Altaïr) et de la tisserande (Véga), divinités stellaires qui, ce jour-là seulement, sont autorisées à se rencontrer. Les pies font un pont de leurs ailes permettant aux amants séparés de franchir la Voie lactée pour se retrouver. Ce soir-là, les célibataires implorent la tisserande de leur trouver un compagnon.

- La fête de la Mi-Automne (Zongqiu jie). Le 15ème jour du 8ème mois correspond à l'équinoxe d'automne, c'est le moment de déguster les yuebing, gâteaux en forme de lune pleine, extrêmement nourrissants, fourrés de cacahuètes, sésame, noix, pâte de haricot. De nombreux parcs sont ouverts tard le soir pour y admirer la lumière de la pleine lune.

- La Fête du Double Neuf (Chongyang). Les gâteaux du Chongyang sont confectionnés en ce 9ème jour du 9ème mois lunaire. Afin d'honorer les personnes âgées, il est également coutume de leur offrir un bol de nouilles, symbole de longévité.

Le Temple du Cheval Blanc à Luoyang


Le Temple du Cheval Blanc (Baima si), proche de Luoyang, est la plus ancienne fondation bouddhique de Chine qui date des Ming (1368-1644). Il fut plusieurs fois restauré sous les Ming, les Qing et de 1952 à 1957. Saccagé pendant la Révolution culturelle, le temple a dû être à nouveau restauré ; on l'a pourvu de statues provenant d'autres monuments.

Devant l'entrée, un cheval de pierre taillé sous les Song, rappelle la légende de la fondation de ce monastère. De part et d'autre de la premère cour, deux tertres, entourés d'un muret en pierre, sont ombragés de grands arbres. Ce sont les tombeaux des moines à l'origine de la fondation : Kasyapa Matanga et Zhou Falan.

Selon la légende, l'empereur Ming eut un rêve : un homme d'or volant dans le ciel, vint se poser dans la cour de son palais. Le sage Fuyi interpréta ce songe singulier : le souverain avait reçu la visite d'un immortel, venu d'un pays par-delà les Kunlun. Han Mingdi dépêcha 12 envoyés vers la contrée de ce sage, pour y recueillir son enseignement. La délégation revint avec les premiers sûtras, dont les canons des Quarante-Deux Articles, premier a être traduit en chinois mais aussi deux religieux : Kasyapa Matanga et Zhou Falan. Pour les accueillir et recueillir les textes de leur doctrine, l'empereur fit construire près de Luoyang, sa capitale, un "si", terme qui désignait alors une maison d'hôtes et sert aujourd'hui pour les couvents bouddhiques. Il fut baptisé "si du Cheval blanc", en mémoire de l'animal qui avait convoyé les textes saints depuis les contrées occidentales.

En face de l'entrée du Temple se trouve la Salle des Rois célestes (Tianwang dian). On trouve sous un dais de bois sculpté et doré d'époque Ming, trône un Bouddha des temps futurs (Maitreya). Derrière un écran, une statue en argile dorée lui tourne le dos : c'est celle du Weiduo, chef des 32 généraux célestes qui dépendent des Quatres Rois des quatres points cardinaux.

Dans la salle du Grand Bouddha (Dafo dian), on trouve sur l'autel un Bouddha en argile, modelé sous les Ming, siège encadré de deux disciples et des bodhisattva Manjusri (Wenshu) et Samantabhadra (Puxian). Les pavillons disposés de part et d'autre sont à gauche, la salle des Ancêtres (Zutang) et celle de la méditation (Chantang) ; à droite, une ancienne hostellerie.

Dans la 3ème salle, la Grande Salle majestueuse (Daxiong dian), se trouvent trois statues en bois laqué et doré. Les côtés latéraux sont ornés d'une série de neuf arhat en bois polychrome qui remonteraient au XIIIème siècle. Devant les statues du centre se trouvent cinq beaux vases en émaux cloisonnés qui datent du règne de l'empereur Qianlong (1736-1796).

Dans le 4ème bâtiment, nommé la Salle de l'Entrée en retraite (Jieyin dian), trône Amithaba, le Bouddha qui règne dans le Paradis de l'Ouest, ou plutôt le Monde de Délices de la région occidentale (Xifang jiluo shejie). Le Bouddha est flanqué des bodhisattva Guanyin et Dizang.

Au bout de l'axe du temple se trouve la terasse de la Fraîcheur (Qingliang tai), dont les murs de soutènement en brique, dateraient des Yuan. Une inscription relate les circonstances de l'arrivée des sûtras à Luoyang, tandis qu'une stèle du temps de l'empereur Kangxi (1662-1722) est dite "au texte coupé" car les caractères y sont disposés horizontalement et non verticalement. A 500 mètres du temple se trouve la Pagode des Nuages accumulés, une pagode en brique de 13 étages qui dépendait d'un monastère voisin aujourd'hui disparu.

La Grande pagode de l'Oie sauvage à Xi'an

Cette pagode fut édifiée en 652 sous les Tang en mémoire de l'impératrice Wende, mère de l'empereur Gaozong (649-683). Le moine Xuanzang, qui traversa l'Asie centrale pour se rendre en Inde et rapporta des centaines de sutras, officia au temple et traduisit tous ces textes sanskrits en chinois.

La pagode de 64 mètres, construite sur ses ordres pour la conservation des sustras, est une robuste structure carrée en brique à l'extérieur, et en bois à l'intérieur. Ses lignes très pures sont scandées par de simples ouvertures et de discrets liserés soulignant les étages décroissants. 

Le nom actuel de la pagode de l'oie sauvage aurait été donné par le moine Xuanzang qui durant son séjour au Bihar, visita un monastère qui portait ce nom. Surpris de cette dédicace, il en demanda la raison. On lui appris que les moines de ce monastère s'étaient plaints au Bouddha de manquer de viande. Il se trouva qu'à ce moment précis, un vol d'oies sauvages survolait le monastère. Pour édifier ces moines indisciplinés, le Bouddha sacrifia l'oiseau qui volait en tête, lequel s'abattit, les ailes brisées, dans la cour du monastère. Horrifiés, les moines jurèrent de ne plus jamais manger de viande et consacrèrent une fondation à l'oiseau sacrifié qui leur rappelait leur promesse.

A l'apogée de la dynastie Tang, Xi'an était près de sept fois plus grande qu'aujourd'hui et englobait le temple Cien et la pagode. La Grande pagode de l'Oie sauvage est devenue l'emblème de la ville de Xi'an.

Le bouddhisme chez la minorité chinoise Dai

 
La minorité chinoise Dai vit dans la région du Xishuangbanna, dans la province chinoise du Yunnan. Ils ont adoptés depuis le XVème siècle le bouddhisme du Petit Véhicule (Theravada). Aujourd’hui, la plupart des villages Dai du  Xishuangbanna sont dotés d’un temple, même modeste, dont le fonctionnement et l’architecture diffèrent en tout point des établissements bouddhiques chinois qui relèvent des préceptes du Grand Véhicule.

Dans le cadre du Theravada, l’accent est porté sur l’enseignement du Bouddha, dont la communauté monastique est dépositaire. A l’intérieur des temples, seules les images du Maître, de ses disciples ou de quelque moine vénérable veillent sur les fidèles venus se recueillir.

A l’instar du temple chinois, le wat des Dai est un complexe, souvent entouré d’une enceinte. Il est constitué d’un vihara, c’est à dire le temple proprement dit, qui abrite l’image principale, d’une tour du Tambour et de logements pour les moines.

Les ensembles plus importants comprennent en outre une salle du chapitre (busu), une bibliothèque et un ou plusieurs reliquaires monumentaux (stupa). L’emphase donnée à sa toiture rend le vihara immédiatement repérable au sein du village. Les bâtiments annexes sont édifiés alentour, en fonction des contraintes topographiques, mais sans aucun soucis de symétrie.

Le vihara est bâti sur un axe Est-Ouest (et non Nord-Sud comme les temples chinois) et porté par une double rangée de colonnes. Celles-ci matérialisent un déambulatoire autour d’une grande salle centrale. Sur le côté faisant face à l’entrée, un autel en maçonnerie en brique souvent rehaussé de verroterie et de motifs dorés, supporte l’effigie d’un Bouddha assis monumental, flanqué de répliques de taille plus modeste.  
  
La plupart des images sont de récents substituts à des statues plus anciennes, détruites pendant la Révolution culturelle. Leur style est cependant homogène et très voisin des Bouddhas que l’on observe dans les temples du Nord de la Thaïlande. Sur le côté gauche, l’estrade en longueur est réservée aux moines. Les fidèles prennent place sur des nattes déroulées sur le sol. Les étroites fenêtres ménagées sur le pourtour de la salle ne laissent passer qu’un jour parcimonieux.

Dans la pénombre, seules luisent les effigies du Bouddha badigeonnées d’or et les bannières votives suspendues à la charpente. Le bandeau séparant les deux niveaux de toitures est peint de récits édifiants, de même que le mur extérieur protégé par les auvents du toit.

Le Busu, la salle du chapitre, est un édifice de dimensions plus modestes, mais somptueusement décoré. On accède à l’intérieur surélevé par une volée de marches que garde un couple de lions ou de dragons. Ici, une fois par mois, les moines se réunissent pour la récitation commune des 277 règles du patimokh, qui régit l’organisation monastique. Les hommes peuvent y pénétrer, mais non les femmes, dont l’impureté souillerait ce lieu dévolu à la parole de Bouddha.

Le stupa est un édifice sacré et est un monument plein enchâssant des reliques ou commémorant le séjour ou le prêche du Bouddha sur ces lieux. Il est construit en brique, plus rarement en pierre, chaulé ou peint, parfois  incrusté de mosaïques de miroir ou de poterie vernissée. De plan carré ou octogonal, il est simple, ou multiple lorsque d’autre stupa plus petits lui forment une couronne. Sa base est quelquefois scandée de niches abritant des statues de Bouddha. La pointe effilée est prolongée d’un parasol, antique symbole de souveraineté associé à l’image bouddhique.

Le temple de Nanputuo

 
Situé au pied du mont Wulao (mont des cinq vieillards), ce temple fut établi sous les Tang (618-907), mais l'architecture actuelle des Qing (1644-1911). Face à la mer, accroché à la falaise, ce temple classique dédié à Maitreya (bouddha du Futur) déroule l'habituelle série d'édifices.

Dans la première salle (Tianwang Dian : salle du roi des Cieux), la statue de Maitreya, face à l'entrée pour accueillir les fidèles ; juste derrière, Weituo, l'un des gardiens du Bouddhisme (celui-ci tient un bâton entre les doigts, pointé vers le bas pour indiquer que le temple est assez riche pour accueillir les moines de passage). Ensuite vient la salle du Trésor héroïque (Daxiongbao Dian) contenant les trois figures du bouddha (Passe, Présent, Futur) flanquées des tours de la Cloche et du Tambour.

L'Edifice central, la salle de la Grande Compassion (Dabei Dian), contient une série de quatre boddhisattvas, au pied desquels se recueillent les fidèles dans l'espoir de trouver la voie. A l'arrière de cet ensemble, la salle des Ecrits bouddhiques contient une précieuse collection de statuettes en jade, os et bois rares, et de nombreux écrits bouddhiques.

Le temple de Nanputuo est extrêmement actif, les habitants des environs viennent s'incliner les mains jointes devant les différents bouddhas, en tenant des bâtons d'encens. Ce temple est le siège de l'institut bouddhique du Sud-Fujian, il accueille beaucoup de moines dans un monastère situé à l'est du temple.

Organisation et fonctionnement d'un monastère bouddhiste chinois


La taille du temple monastère bouddhique peut varier considérablement d'un simple ermitage au petit couvent comptant quelques moines jusqu'aux vastes ensembles très hiérarchisés rassemblant des centaines de personnes. L'institution assure l'ordination et la formation des moines, mais elle accueille aussi des laïcs. La communauté bouddhique est en effet fondée sur le don mutuel entre les deux assemblées. Les offrandes faîtes à la congrégation monastique peuvent être matérielles ou spirituelles, comme la réalisation des images et la copie des livres saints, la récitation et la répétition des noms sacrés.

Elles permettent aux fidèles d'acquérir d'incomparables mérites pour leur vie spirituelle. Selon les principales croyances bouddhiques, la transmigration (passage d'une âme d'un corps dans un autre) et la causalité morale (karman), les mérites peuvent assurer une meilleure renaissance, mais ils sont, le plus souvent, transférés aux parents défunts pour contribuer à leur passage et à leur bien-être dans l'autre monde.

Les grandes célébrations sont commanditées et financées par les fidèles ou par des associations formées le plus souvent des habitants d'un village ou d'un quartier. Les plus courantes sont les fêtes régulières du calendrier bouddhique, comme le bain ou l'anniversaire du Bouddha ou celui de Guanyin, auxquelles s'ajoutent les cérémonies qui marquent l'inauguration ou la réouverture d'un temple, celles de la "remise à la vie" qui permettent aux animaux d'échapper à la mort, ou encore le très prestigieux "jeûne de l'eau er de la terre", la grande fête du Salut universel. En photo, le monastère de Shaolin, le plus célèbre de Chine et sans doute du monde.

Les Monastères de Tuen Mun

 
Il existe à Tyen Mun, près de Hong Kong, deux monastères bouddhistes très bien conservés et qui présentent un intérêt spirituel et touristique certain..

Le Monastère de Castle Peak se niche dans les contreforts de Tsing Shan (green mountain) au dessus de Tuen Mun. Ses temples décrépits et son aspect élaboré, bien que fané, ajoutent à son charme. Le monastère actuel date de 1918, mais la légende raconte qu’il fut fondé au Vème siècle par le célèbre moine Pei Tu. Ayant volé un bouddha en or dans une demeure où il était invité, celui-ci fut pourchassé jusqu’au bord d’une rivière qu’il traversa en transformant son bol de riz en bateau, d’où son nom, qui signifie « bateau-tasse ». Derrière le temple, un sentier conduit à un autel et un bouddha doté de quatre visages, sous un rocher en surplomb qui offre un point de vue sur Tuen Mun.

Le Monastère de Miu Fat est une merveille. Des dragons dorés incrustés de mosaïques et de miroirs s’enroulent autour de piliers ; des lions et des éléphants sculptés dans la pierre gardent l’entrée, tandis que des figurines représentant des animaux mythiques s’alignent sur les faîtes et les corniches de ce temple bouddhique richement décoré. A l’intérieur, le déploiement de couleurs se poursuit sur les paliers de l’escalier, ornés de bas-reliefs peints illustrant des scènes bouddhiques. L’Autel principal situé au troisième étage contient les statues des trois précieux bouddhas (en photo). Là sont disposées des centaines de tablettes ancestrales, couvertes d’or ainsi qu’une immense statue d’Avalokitesvara, aux mille mains tendues pour aider les malheureux.

Le Monastère des 10 000 Bouddhas à Hong Kong

 
 
Le Monastère des 10 000 Bouddhas est perché dans les collines du nord-ouest de Sha Tin près de Hong Kong. Il faut gravir 400 marches pour pouvoir accéder au temple principal.

Un glissement de terrain a occasionné d’importants dégâts en juillet 1997 et le temple resta fermé près de deux ans et demi pendant la conduite des travaux financés par les dons des fidèles.

Sur les murs du temple principal courent des étagères où sont alignés 13 000 petits bouddhas offerts au monastère depuis sa fondation dans les années 1950. Chacun, gravé du nom de son donateur, est représenté avec une pose et une expression légèrement différentes. Trois bouddhas dorés de plus grande taille, protégés par une paroi en verre, se dressent au centre.

Devant le temple, la terrasse est bordée de statues multicolores des 18 disciples de Bouddha, les lohans, arborant un air farouche. Derrière sont disposés deux statues de bodhisattvas, êtres à mi-chemin entre l’éveil et le monde matériel : l’un chevauche un éléphant et l’autre un lion à l’apparence sauvage.

Au milieu de tout cet ensemble se tient un autre bodhisattva, Wei To, le protecteur des monastères, tandis que derrière lui se trouve une statue de Kwun Yam, la déesse de la miséricorde.

La déesse fait face à une pagode rouge. Celle-ci est dotée de neuf niveaux, chiffre particulièrement vénéré dans le bouddhisme, bien qu’il ne compte en réalité que quatre étages. Du sommet, 69 marches conduisent au niveau supèrieur du temple, où attend le corps momifié du fondateur du monastère, Yuet Kai, debout dans une vitrine devant un gigantesque bouddha doré.

Professeur de philosophie à Kunming, dans le sud de la Chine, Yuet Kai consacra sa vie à l’étude du bouddhisme. Il arriva à Hong Kong après la seconde guerre mondiale et entreprit de bâtir le temple.

 sa mort en 1965, à l’âge de 87 ans, il fut enterré dans un cercueil sur la colline. Huit mois plus tard, les fidèles l’exhumèrent pour le ré-enterrer. Selon leurs dires, non seulement la dépouille ne présentait aucun signe de décomposition mais elle émettait une lueur fluorescente.

Le corps fut embaumé, couvert de feuilles d’or, vêtu d’une robe, placé dans la position du lotus et disposé à son emplacement actuel comme modèle de piété.

Hiérarchie spirituelle du bouddhisme en Chine

La structure du panthéon bouddhique relève d'une hiérarchie savante fondée sur les degrés de la réalisation spirituelle et ordonnée selon les doctrines du Grand Véhicule sur la "nature du Bouddha". Démultipliée dans le temps et dans l'espace, la figure du Bouddha historique Sakyamuni (en photo) s'y décline sous une infinité de formes. 
Le plus révéré des groupes auxquels il appartient demeure la triade composée des bouddhas des temps passé, présent et futur, triade qui a pu aussi être mise en relation avec les Trois Joyaux et la théorie des Trois Corps du Bouddha. Maitreya, le bouddha de l'Avenir, connut en Chine une fortune aussi grande qu'insolite. Sa venue devant inaugurer une ère de félicité sur la terre, il cristallisa maints mouvements messianiques et apparut bientôt sous l'apparence du moine Butai, énorme et débonnaire, réputé pour être son émanation dans le monde. 
Parmi les Bouddhas des Directions de l'espace, le plus important est celui de l'Ouest, Amitabha, dont le culte inspira une piété, une dévotion et une foi intenses, car il avait fait voeu d'accueillir en sa Terre pure, après leur mort, tous les êtres qui avaient pris refuge en lui.


Comme les autres bouddhas, il est accompagné de bodhisattvas "êtres d’Éveil", intermédiaires entre la perfection sublime des bouddhas et les déficiences des hommes. Parmi eux, figure Guanyin, "géant de la compassion" dont les multiples formes ont inspiré de nombreuses créations syncrétiques, féminines pour la plupart. Dans la Triade des trois saints de la région de l'Ouest, Guanyin figure aux côté d'Amitabha avec Dashizhi, "celui qui a atteind une grande force". 
Citons aussi les bodhisattvas Dizang, assimilé au souverain des enfers, Wenshu, le prince "à la douce parole", et Puxian, "l'universel bienfaiteur". Viennent ensuite les disciples au premier rang desquels se trouvent les Arhat (ou Luohan), restés en ce monde pour protéger la loi. Ils dominent à leur tour les divinités protectrices, d'origine humaine et divine, et la foule des êtres mythiques et fantastiques, régis, entre autres, par les rois gardiens des quatre orients et par le protecteur de la loi et des monastères, le général Weituo.

Dali dans le Yunnan, terre de Bouddhisme

 
La région de Dali située dans la province du Yunnan, dans le sud ouest de la Chine, est une authentique terre de bouddhisme. Sous l'influence des chinois et des tibétains, les souverains des peuples des royaumes de Nanzhao et de Dali, adoptèrent dès la fin du IXème siècle le bouddhisme du Grand Véhicule (Mahayana).
 
Le bouddhisme connut un immense rayonnement dans la région du lac Erhai. Autour du lac, la pagode des Milles éveils et deux autres pagodes plus petites ainsi que la montagne sacrée Jizu shan, située à l'est du lac, attiraient des milliers de pèlerins venus de toute la Chine. On peut admirer un monument au sommet qui accueille les pélerins (en photo).

Plusieurs souverains du royaume de Dali se firent moines à la fin de leur règne. Sous les dynasties Yuan et Ming, chaque monastère possédait des terres et une fortune qu'il faisait fructifier par des prêts à intérêt.

Cet âge d'or du bouddhisme a laissé de nombreuses traces sur les berges du lac et certains moines parlent aujourd'hui de redonner tout son essor au bouddhisme qui sommeille encore dans la région.

Le temple Lingyinsi à Hangzhou

 
Le temple Lingyinsi se trouve à Hangzhou en bordure du Feilaifeng. Le Lingyinsi ou « temple de la retraite des âmes », fut fondé en 326. Il fut reconstruit 16 fois, la dernière reconstruction datant de 1950.

Les reliques de son fondateur, le moine Huili, se trouvent dans un stupa situé juste avant l'enceinte de l'édifice. Sous les Tang (618-907), il s'agissait du plus grand lieu de culte du bas-Yangtzi, un des dix temples de la secte zen en Chine.

Trois mille moines se répartissaient entre 72 salles, 9 tours et 18 pavillons. Le temple actuel a gardé le style ancien. Dans la première salle, quatre gardiens célestes sont aujourd'hui encore disposés par paires sur les côtés. Au centre se trouve un bouddha Maitreya, flanqué dans son dos du général-gardien Weituo. Son arme tournée vers la terre, indique que le temple ne possède pas de dortoirs pour les pèlerins. Sur la porte, se trouve encore une inscription de la main de Kangxi : « Temple bouddhique de la forêt du nuage », ce qui correspond à l'ancien nom du temple.

La deuxième salle renferme un immense bouddha Sakyamuni, haut de 20 m et formé de 24 blocs de camphrier. Sculpté en 1956, le bouddha assis sur un lotus, prêche la loi. Dans son dos, un immense bas relief raconte l'épopée de 53 enfants sur la voie du bouddhisme.

Une troisième salle datant de 1991, abrite le bouddha de la médecine, Yaoshedian, ainsi que les 12 généraux du zodiaque. Depuis l'an 2000, l'aile gauche du temple a été transformée en salle des « 500 arrhats ». Les arrhats sont les disciples du bouddhisme dans l'école du petit véhicule du bouddhisme. Au printemps le Lingyinsi accueille des pèlerins venant de toute la Chine.

Les écoles bouddhiques chinoises

 
Plusieurs grandes écoles philosophiques, principalement mahayanistes apparurent au cours des Vème et VIème siècles. Les deux plus importantes étaient Salun (San-louen) ou "école des trois traités", équivalent chinois du Madhyamika, et Faxiang équivalent chinois du Yogacara ; elles n'ont pas survécu dans leur forme originelle mais ont influencé les sectes plus spécifiquement chinoises : Tiantai (T'ien-t'ai), Huayan (Houa-yen), Chan (Tch’an) et Jingtu (Tsing-t’ou). Certains temples de la Chine contemporaine conservent des liens historiques avec ces deux écoles ; c'est le cas du temple Jiaxiang à Shaoxing, qui appartient à Sanlun.

Le bouddhisme tiantai fondé par Zhiyi (Tche-yi 538-597) opère une synthèse des différentes doctrines bouddhiques en élaborant un système hiérarchique à plusieurs degrés, dont le plus élevé est représenté par le Sutra du Lotus, considéré comme le sommet de l'enseignement du Bouddha. L'école Huayan développe une épistémologie autour de l'Avatamsaka Sutra.

Le bouddhisme chan fait remonter son ascendance spirituelle à Kasyapa, un disciple du Bouddha historique qui reçut une transmission intuitive des enseignements. C'est sur ce modèle que se fonde la notion retrouvée par le Chan de la transmission directe de l'éveil de maître à disciple, qui a disparu dans les écritures, les doctrines et les pratiques. Cette tradition aurait été introduite en Chine par le moine à demi légendaire Bodhidharma au début du VIème siècle, puis sinisée notamment sous l'influence du taoïsme. Parmi les nombreuses écoles du Chan, deux se détachent : Linji (Lin-tsi) et Caodong (Ts’ao-tong). Le Chan connut un immense succès pendant la dynastie des Song (960-1269). L’un de ses temples les plus célèbres est Shaolin, sur la montagne Song Shan.

La forme de bouddhisme la plus populaire, l’école de la Terre pure, en chinois Jingtu, repose sur la dévotion du bouddha Amitabha. Le Jingtu attirait plus spécialement les laïcs, puisqu’il suffisait d’invoquer le nom d’Amitabha, par la pratique du nien-fo, pour renaître dans la Terre pure d’Amitabha, le paradis de l’Ouest, où l’éveil était assuré. Cette notion d’une vie dans l’au-delà allait dans le sens des croyances populaires sur l’immanence des ancêtres.

Les pagodes bouddhistes chinoises

 
Venue d'Inde, la pagode, tout comme le bouddhisme, s'est propagée à partir du 2e siècle en Chine, puis en Corée ainsi qu'au Japon. La pagode telle qu'on la connaît est une évolution du stûpa indien, c'est-à-dire, une sorte de sépulture où les reliques sacrées pouvaient être protégées et vénérées. La forme du stûpa indien par contre - bol à aumône retourné, qui évolue plus tard en demi-sphère - s'est énormément diversifiée lors de sa propagation en Asie, jusqu'à présenter, comme c'est le cas de la pagode, une architecture qui ne possède plus du tout les caractéristiques du stûpa.

En Chine, la pagode, au centre des grands temples bouddhiques, présentait, en outre, d'autres avantages et utilités. Elle servait par exemple, très simplement, de tour d'observation, voir loin étant une motivation suffisante. La possibilité que la construction offrait de surveiller les mouvements des ennemis constitue également un atout indéniable. Enfin par sa grande taille, en navigation maritime et fluviale, la pagode servait de point de repère : embarcadères ou ponts se trouvant à proximité. Composées de plusieurs étages, construites en maçonnerie, pierre et brique, dépourvues de shinbashira (terme qui sera défini par la suite), les pagodes ont un espace intérieur vaste avec accès aux étages par escaliers. De l'époque des Han (25-220) jusqu'à la dynastie des Qing (1644-1911), celles-ci ont une fonction hautement religieuse, servant de lieu de culte et de lieu de conservation de reliques pour l'Empire du Milieu, ce qui n'empêchait pas les Chinois de s'en servir comme observatoire, comme c'était le cas par exemple pour la pagode octogonale Liaodi.

Sous les Han, les pagodes antiques étaient comme la plupart des constructions de l'époque en bois. Malheureusement, le bois prenait feu assez facilement, le bois pouvait également pourrir et être ravagé par des insectes. Ce sont les raisons pour lesquelles, un certain nombre d'entre elles ont subsisté. Par contre lors d'un séisme, ce sont les pagodes en bois qui résistaient le mieux : alors que celles en maçonnerie se montraient peu stables. Les pagodes en bois ne sont présentes qu'au Japon à une exception près : la pagode Sakyamuni du temple Fogong, du 11e siècle et de 67 mètres de haut, la seule structure entièrement en bois existant encore en Chine.

Remplacer le bois par de la brique et de la pierre a rendu les pagodes plus résistantes au feu. L'utilisation de ces matériaux a contribué à réduire la taille des avant-toits étant donné que la brique a une assez faible résistance flexionnelle et de cisaillement. C'est en Chine qu'on retrouve la plupart des pagodes en brique. Remarquez qu'on retrouvera également encore quelques pagodes en bronze, fer céramique ou composées de briques et tuiles vernissées en Chine.

La pagode octogonale Liaodi (terme signifiant « Observation de l'ennemi ») de 1055 du temple Kaiyuan à Dingzhou (nord de la Chine) haute de 84 mètres, totalisant 11 étages est construite en maçonnerie. Typiquement chinoise, elle est la plus haute des pagodes anciennes existant encore. Les avant-toits sont constitués de couches de briques sont courts. Un escalier est logé dans la partie centrale, et la pagode est dotée de réelles portes et fenêtres.

Le temple des Six Banians à Canton

 
Le temple des Six Banians à Canton est un très vieux temple bouddhiste. Fondé en 537, il fut brûlé sous la dynastie des Song et reconstruit en 989. Le nom du temple vient des six banians (arbres tropicaux) qui le ornaient. Ces derniers ont aujourd'hui disparu bien que l'on ai replanté deux spécimens.

Au sein du temple, le visiteur peut contempler la pagode des fleurs qui mesure 57m de haut et qui comprend 16 étages. La pagode est surmontée d'une colonne de bronze de 5 tonnes datant du XIVème siècle que l'on appelle la colonne des milles bouddhas. Autre particularité, la pagode penche légèrement et il a fallu il y a quelques années faire des travaux car on craignait qu'elle ne s'écroule.

Derrière la pagode une salle accueille trois bouddhas en bronze doré âgés de plus de trois cents ans. Celui de gauche symbolise la tranquillité et l'avenir, celui du milieu symbolise le présent et celui de droite représente le passé et accueille les croyants.

Dans le temple, on trouve la salle des morts, avec les tablettes bouddhistes traditionnelles et les photos des défunts.

Enfin, la statue de Guan Yin offre un dernier attrait à ce haut lieu du bouddhisme de Canton. Guan Yin était dit on un homme qui changea de sexe pour attirer les croyantes vers le bouddhisme. Les femmes enceintes vont prier devant la statue car elles pensent qu'elle les aidera à avoir un garçon.
 
Une communauté de moines habite toujours le temple, imperturbables, ils regardent parfois les visiteurs et les touristes telle une attraction.

Histoire du Bouddhisme chinois

 
L’histoire du bouddhisme en Chine commence au premier siècle après JC par l’ouverture de la route de la soie. La légende veut que l’empereur Ming de la dynastie Han ait rêvé, en l’année 64 après JC, de l’arrivée d’un être doré du nom de Bouddha. Il envoya alors une délégation qui ramena, sans doute d’Inde, les textes bouddhiques. En réalité, les origines du bouddhisme en chine furent le fait des marchands d’Asie centrale.

Le bouddhisme, va coexister avec le taoïsme et le confucianisme mais à la différence de ces derniers il va devenir rapidement le culte le plus riche et le mieux organisé de Chine. Le clergé bouddhique rassemble ainsi jusqu’à un pour cent de la population sous les Tang (618-907).

Cette puissance financière et ce développent rapide finissent par susciter de nombreuses jalousies et craintes, en particulier des taoïstes, et provoque de nombreuses proscriptions. La plus importante eu lieu sous l’empereur Wuzong en 845 qui interdit le bouddhisme. Il confisque alors les 40000 temples et les 4600 monastères et renvoie plus de 200.000 moines et nonnes à la vie civile. Bien qu’un an plus tard cette mesure fut levée, elle portera un coup rude au développement du bouddhisme en chine qui ne retrouva dès lors jamais son influence passée.

Après cette période, la coexistence des trois religions (bouddhisme, taoïsme et confucianisme) devint officielle et largement accepté par tous.Le bouddhisme a laissé un patrimoine culturel et artistique considérable en chine, en particulier le plus grand bouddha du monde, le bouddha géant de Leshan qui date du VIIème siècle après JC. Il existe également un véritable artisanat bouddhiste, en particulier au Tibet et dans le sud de la chine qui se développe de plus en plus en raison de essors de cette religion et de sa culture dans le monde. Ainsi de nombreux objets de culte deviennent des objets d’ornements, à la fois symboliques et esthétiques : bracelets et colliers, statuettes de bouddha….

Le bouddhisme est aujourd’hui une partie intégrante de la culture et de la civilisation chinoise. Les bouddhistes chinois sont aujourd’hui représentés par l’Association des Bouddhistes de Chine, fondée en 1953. L'Institut bouddhique, équivalent d’un Grand séminaire, a été fondé en 1956 par l’association. Fermé pendant la Révolution culturelle, il a été ré-ouvert en grande pompe le 22 décembre 1980. Ses locaux se situent dans le monastère Fayuan, à l’ouest de Pékin. Il assure la formation du personnel religieux et des spécialistes de la doctrine bouddhiste.

Le Temple des Lamas à Pékin



Le Temple des Lamas à Pékin, construit en 1694 est l'ancien palais de l'empereur Yongzheng et offert aux moines tibétains en 1732. En effet les empereurs mandchous étaient très favorables au bouddhisme tibétain.

Ce monastère hébergea jusqu'à 300 lamas et avait des rapports très privilégiés avec l'empereur. Ils étaient, dit-on, les seuls à pouvoir le regarder dans les yeux.

S'étendant sur une superficie de 66 000 mètres carrés et mesurant 400 mètres du nord au sud et 200 mètres d'est en ouest, elle est constituée de trois parties principales : la cour Baofang, le jardin et les bâtiments. Les bâtiments comprennent sept groupes d'architectures et cinq cours successives, avec un millier de pièces au total.

Lorsque l'on rentre dans le temple ont est frappé par la beauté de la porte de style Ming ainsi que par les très beaux pavillons dits du tambour et de la cloche.

On peut admirer dans la salle des quatre gardiens célestes, un magnifique bouddha Maitrya en bois doré ainsi que quatre statues en terre cuite (les gardiens) qui écrasent des diables sous leurs pieds.
 
La salle de l'éternelle harmonie abrite trois bouddhas en bronze (représentants le passé, le présent et le futur). On peut observer dans cette salle de magnifiques tankhas tibétains.

La salle de la protection éternelle (Yongyou dian) présente trois bouddhas (celui de la médecine, celui la longévité et celui de l'enseignement). Mais on peut surtout contempler deux bouddhas femmes, dont l'un est fait de 6000 morceaux de soie cousus ensembles.

La salle de la Roue de la Loi (Falun dian) est la plus grande et la plus spectaculaire On peut y admirer une énorme statue en bronze, de plusieurs dizaines de tonnes) de Tsongkapa. Des fresques superbes ornent cette salle (scène de chasse etc...).

Le pavillon des dix mille bonheurs abrite une statue de bouddha de 26m de haut et de 8m de diamètre, sculptée dans un tronc de santal blanc. Les murs sont là encore décorés de superbes tankhas.

La visite de ce haut lieu spirituel se finit par un petit musée contenant de nombreux objets représentants les liens du pouvoir chinois et du bouddhisme tibétain.