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Les dieux des corporations



Le confucianisme prônant le culte des ancêtres amena la vénération et, pour les inclure dans la religion, la déification de tous ceux qui, par leurs découvertes, étaient à l’origine d’un nouveau métier. Dans toutes les professions, on honorait celui ou celle qui était considéré comme l’ancêtre de la profession. On lui consacrait souvent un temple, et sa fête était l’occasion de réunir tous les membres de la guilde. Le dieu des menuisiers était Lu Ban, qui aurait vécu au début du Ve siècle avant JC, qui aurait crée la plupart des instruments de menuiserie et aurait su fabriquer des automates, dont un oiseau capable de voler. Alors qu’il grimpait sur une pente, il se coupa le doigt en s’accrochant à des herbes ; étonné qu’une herbe puisse entamer la peau, il l’examina et remarqua que le bord n’en était pas lisse mais dentelé, ce qui lui donna l’idée de la scie. Il était aussi le dieu des maçons car c’est lui qui aurait construit le pont de Zhaozhou.

Celui des cultivateurs et des marchands de thé était Lu Yu, qui vécut sous la dynastie des Tang. Abandonné de ses parents, il fut élevé par des bonzes et c’est sans doute d’eux qu’il apprit les vertus de ce breuvage, car, à l’imitation des bonzes de l’Inde, ceux-ci buvaient du thé pour garder l’esprit clair au cours de leur méditations. Après avoir parcouru la Chine pour étudier les différentes sortes de thés, il se retira dans la province du Zhejiang pour y écrire son « Classique du thé » (cha jing), où il expliqua ses propriétés, ses différentes qualités, ses lieux de production, ses variétés, les façons de le préparer et de le boire. Les marchands de thé avaient souvent une statue de lui dans leur boutique, traditionnellement en porcelaine. Le thé prit une importance particulière car il faisait partie des cadeaux de la famille du fiancé à celle de la fiancée, si bien que décider un mariage s’appelait « accepter le thé » ou « la cérémonie du thé » et qu’un personnage du roman « Rêves au pavillon rouge » dit à une jeune fille : « Tu as bu le thé dans notre foyer, comment ne serais-tu pas la belle-fille de notre famille ! ». Un disciple demandait à un maître de l’accepter en lui présentant une tasse de thé, et celui-ci signifiait son acceptation en la lui prenant des mains.

Le dieu des fabricants de vin et d’alcool était Du Kang, qui était en fait Shao Kang, celui qui rétablit le pouvoir de la dynastie Xia après l’usurpation de Han Zhuo et régna de 2079 à 2057 avant JC ; c’était un des personnages à qui on attribuait la découverte de la fermentation.

Les potiers ne vénéraient pas un seul dieu, mais sept. Dans leurs temples, les trois principaux était l’empereur mythique Shun, inventeur de la poterie, Lao Zi, qui fabriquait du cinabre dans un chaudron et protégeait la cuisson, et le dieu du Tonnerre (Lei Gong), qui devait assurer du beau temps pour que le bois soit bien sec. Les quatre dieux secondaires étaient celui des Montagnes (shan shen), celui du Sol (Tudi gong), la terre étant la matière première essentielle, le dieu des Chevaux (ma shen) et celui des Buffles (niu shen), à cause de l’importance des transports pour obtenir les matériaux et vendre la production. En fait cette trinité flanquée de quatre dieux a dû être crée sur le modèle des trois bouddhas du Passé, du Présent et du Futur, assistés des quatre dieux-gardiens des orients. Les charbonniers vénéraient eux trois dieux, celui du Sol, celui des Montagnes et celui de la Poterie, considérés par eux comme un seul personnage.

Le dieu des constructions  hydrauliques et des eaux était Erlang Shen, mais cette appellation est ambiguë, car elle signifie simplement « le deuxième fils ». Il s’agit ici de Li Bing, gouverneur de la province du Sichuan sous le roi Zhao du royaume de Qin dans l’antiquité, qui divisa le cours supérieur d’un affluent du Yangtse en plusieurs bras et permit d’irriguer la plaine de Chengdu  et d’y éviter les inondations. Il combattit le dragon de cette rivière en se transformant comme lui en buffle ; mais ne parvenant pas à le vaincre, il recourut à l’aide de son assistant ; il se mit une ceinture blanche et dit qu’il se tiendrait du côté sud, ce qui permit à l’assistant de le reconnaître et de trancher la tête du dragon. On identifie parfois Erlang shen à son fils qui continua son œuvre. On dit aussi que Erlang shen, avec la même fonction, était Zhao Yu, qui avait cultivé le Tao sur le mont de la Ville Pure (Qingchen shan) au Sichuan et qui, gouverneur d’une région où sévissait un dragon terrible, se fit accompagner d’un millier d’hommes faisant résonner des tambours sur les rives, se jeta dans l’eau avec une hallebarde, ressurgit en brandissant la tête du dragon, mais disparut ensuite dans la rivière. Il fut donc vénéré pour s’être sacrifié pour son peuple. Suivant les régions, il y a beaucoup d’autres divinités de l’eau, mais qui sont inconnues en dehors de leur localité. Il ne faut pas confondre le Erlang shen, appellation de Li Bing ou Zhao Yu, avec le Erlang shen frère de la déesse du mont Huashan et guerrier céleste que l’on retrouve dans le roman « Le Voyage en Occident » ; ni avec Yang Jian, le Erlang shen du roman « L’investiture des dieux », qui avait trois yeux et le pouvoir de se transformer, de monter au ciel, d’entrer dans la lune.

Les deux sages Mei et Ge (Mei Ge er sheng) étaient, dans la plupart des régions, les patrons des teinturiers et des imagiers qui imprimaient des images de nouvel an en couleurs. Coexistent deux mythes sur ces dieux. . D’après l’un, il s’agissait de deux amis qui vivaient à une époque où les hommes ne connaissaient que la toile écrue et les peaux de bêtes. Un jour, l’un d’eux tomba par accident dans une rivière aux eaux boueuses et ensuite ne réussit pas à laver son vêtement, qui était devenu jaune. Il en avertit son ami et ainsi aurait découvert la teinture jaune à partir de certaines terres. Il trouvèrent ensuite d’autres colorants, toujours par accident : des vêtements mis à sécher sur une branche et tombés sur l’herbe se tachèrent en différents endroits : les colorants végétaux étaient découverts. Un soir où ils se soûlaient ensemble, l’un d’eux cracha par inadvertance dans une jarre à teinture et le tissu pris un bleu magnifique : ils avaient découvert le colorant tiré du ferment de vin. L’autre mythe dit que Mei et Ge n’étaient pas des hommes, mais une prune (mei) et une sorte d’oiseau (ge niao). Un empereur mécontent de ne pas avoir un vêtement de couleur rouge pour se distinguer des gens du peuple, mettait à mort les artisans, incapables de le satisfaire. Pour sauver ses collègues, un vieillard trompa le souverain et prétendit y parvenir si on lui laissait du temps. Mais la date approchait et il n’avait rien trouvé quand il remarqua que le jus d’une prune teintait le bec d’un oiseau et il eut l’idée d’en tirer une teinture. Il sauva ainsi les autres artisans et ceux-ci voulurent l’honorer ; mais il refusa, déclarant que c’était l’Empereur du Ciel qui avait envoyé deux immortels sous forme d’une prune et d’un oiseau ; c’est donc à eux qu’on éleva un temple.  

Il y en avait bien d’autres : Taishang Laojun était le dieu des orfèvres, car, dans son chaudron aux Huit Trigrammes, il faisait fondre la drogue d’immortalité, le cinabre ou oxyde de mercure ; Can Jie, inventeur de l’écriture, était celui des scribes et greffiers ; Cai Lun, inventeur du papier, celui des fabricants de papier ; Song Jiang, chef des brigands du roman « Au bord de l’eau », celui des voleurs ; et, merveilleux exemple de syncrétisme religieux, Matteo Ricci, le missionnaire italien qui avait apporté des techniques occidentales, celui des fabricants et réparateurs de montres à Shanghai.                

L’Empereur Wenchang


Dans toutes les villes de Chine ou presque, il y avait un temple ou au moins un autel dédié à l’empereur Wenchang qui régnait sur une constellation formée de six étoiles à côté du Boisseau  du Nord et qui était chargé de la promotion des humains. Ce dieux était surtout vénéré par les lettrés fonctionnaires dont il commandait la réussite.

A la fin du IIIe siècle avant JC, à la chute de la dynastie Qin (206 av JC), la Chine était en proie aux rivalités de chefs de guerre qui voulaient refaire l’unité de l’empire à leur profit, Wenchang demanda à l’empereur du Ciel de s’incarner pour aider le futur fondateur de la dynastie Han. C’est ainsi qu’il naquit dans la famille de l’empereur Gaozu des Han et fut nommé prince de Zhao. Mais l’impératrice Lü le fit exécuter avec sa mère. Au milieu du Ier siècle, Wenchang s’était aperçu que sa mère s’était réincarnée comme l’épouse d’un paysan pauvre nommé Zhang, dans une région où l’impératrice Lü et les membres de sa famille étaient devenus des animaux de fermes. Le vieux Zhang, n’ayant plus de fils, se coupa le bras, versa le sang dans le creux d’une pierre qu’il recouvrit et fit le vœu, si un animal naissait de son sang, de l’adopter comme son héritier. Wenchang décida alors de s’incarner sous la forme d’un serpent doré, que la femme de Zhang, ramena à la maison et éleva. Au bout d’un an, une corne et des pieds poussèrent sur le corps de ce serpent, qui se mit alors à dévorer les moutons, les cochons et les chiens des environs, réincarnations de l’impératrice Lü et de ses parents et fidèles. 

Les paysans du village se plaignirent, puis finirent par enfermer le vieux Zhang et sa femme. Rendu fou furieux par cela, le serpent provoqua un typhon au cours duquel tous les habitants furent tués, soit plus de deux mille personnes. Mais ainsi il était allé au-delà de sa vengeance et avait provoqué la mort accidentelle de nombreux innocents. Aussi fut-il condamné à devenir le dragon d’un lac qui ensuite se dessécha ; de petits vers se logèrent entre ses quatre vingt quatre milles écailles, le mordillant et le faisant cruellement souffrir. Remonté au Ciel après cette épreuve, l’empereur Wenchang fut assisté  du Sourd Céleste et du Muet Terrestre, grâce à qui ceux qui savent ne peuvent pas parler et ceux qui parlent ne peuvent pas comprendre, de façon que les voies du Ciel restent impénétrables.     

Liao Tianding, la divinisation d’un personnage historique



La divinisation de héros se pratique encore de nos jours dans la culture chinoise. Un temple près de la côte nord de Taipei dédié à Liao Tianding est bâti sur son tombeau. C’est un héros taïwanais qui, outre ce culte, a engendré toute une série de récits, de pièces, de films, tous en dialecte taïwanais. Il y est présenté comme une sorte de Robin des Bois qui volait les riches pour donner aux pauvres et qui était un résistant à l’occupant japonais. Mais la biographie que l’on distribue dans son temple passe sous silence ces exploits et constitue avant tout un plaidoyer pour son assassin, sans doute parce que la famille de celui-ci habite encore la région.

Liao Tianding est né dans un village près de Taizhong en 1883. Quand il n’avait que neuf ans, son père mourut et sa mère dut l’envoyer garder le bétail et travailler tandis qu’elle-même devenait servante. Alors qu’il était enfant, éclata la guerre sino-japonaise ; elle se termina par un traité de paix qui cédait Formose (autre nom de Taiwan) au Japon. Les soldats chinois qui se trouvaient sur l’île durent donc se recaser dans toute sorte de métiers. Le jeune Liao Tianding reçut d’eux une éducation dans les arts martiaux en dehors de son travail ; il s’y entraîna avec ardeur ; et par ses contacts fréquents avec ces anciens soldats, il absorba tout un état d’esprit.

Après sept ans d’occupation, alors que Liao Tianding avait neuf ans, les Japonais adoptèrent une politique d’emprise sur l’île beaucoup plus profonde ; ils imposèrent leur politique par l’intermédiaire de Chinois à qui ils conférèrent des titres comme celui de chef de village et ceux-ci, qui faisaient le pont entre les occupants et les habitants, exploitèrent souvent la situation à leur profit. C’est ainsi qu’un de ces chefs de village qui terrorisait l’endroit où habitait Liao Tianding, imagina un plan puisqu’il refusait de se laisser intimider : il occupa ses champs pour le provoquer. Liao Tianding tomba dans le piège, alla chez lui pour discuter, et tandis que le chef du village faisait semblant de vouloir parvenir à un arrangement, le fils, sur ordre du père, vint faire des reproches à Liao Tianding, qui du coup s’emporta contre le jeune homme et le blessa grièvement. Après quoi le chef du village le dénonça aux autorités japonaises comme fauteur de troubles. Liao Tianding réussit à échapper aux poursuites, mais sa mère fut tellement harassée pour qu’elle avoue où il se cachait qu’elle mourut, ce qui provoqua un choc terrible pour Liao Tianding.   

Comme les recherches continuaient, celui-ci partit dans le Nord gagner sa vie, et allait de place en place sans travail fixe. Il exprimait ainsi publiquement sa haine pour les Japonais et les collaborateurs, et suscitait ainsi l’émotion parmi tous les gens qu’il rencontrait. Les Japonais voulurent donc l’arrêter, mais il réussit toujours à fuir. Toutefois ses déplacements s’en trouvèrent fort entravés et il dut se cacher chez des amis. A cette époque, s’étaient déjà formées plusieurs organisations clandestines pour résister au Japon, mais Liao Tianding, étant d’un milieu pauvre et n’ayant pas de contact avec des gens riches, ne put s’infiltrer dans ces organisations. Aussi décida t-il de former la sienne avec des amis qu’il réussit à recruter malgré le manque de fonds et d’aide extérieure. Son argument était qu’il fallait dépouiller les riches qui collaboraient, s’enrichissaient sur le dos du peuple et ne reconnaissaient que la force. C’est ce qu’il fit avec ses compagnons, si bien qu’il devint la tête de liste des gens recherchés. Grâce à sa vigilance et à son habilité à se dissimuler, ce qui faisait partie de l’entraînement aux arts martiaux, il put esquiver les recherches. Connaissant toutes les écoles d’arts martiaux, il pouvait toujours dérouter l’adversaire en lui opposant une technique qu’il ignorait ; et il était capable d’imiter toutes sortes de personnages.

Liao Tianding se réfugia près de Taipei à Balixiang, où habitait un de ses compagnons, Yang Lin, derrière chez qui il y avait une Grotte aux singes, cachette idéale. C’était une région encore sauvage à l’époque, face à la mer ; et Yang Lin devait s’occuper de le faire partir au Fujian. Ayant perdu sa trace, les Japonais le cherchaient activement, surtout qu’ils s’apercevaient que s’organisait une résistance dans ce district. Un jour que Yang Lin allait apporter de la nourriture à Liao Tianding, se croyant seul dans la campagne, il fut remarqué par les Japonais. Heureusement il put être assez vigilant pour atteindre la cachette de Liao Tianding à l’insu de ceux qui le filaient, mais dès lors il devint l’objet de soupçons et de pressions pour révéler la cachette. Très inquiet, il voulu persuader Liao Tianding de changer de lieu, mais celui-ci refusa, disant qu’il n’y avait rien à craindre. Les Japonais fouillèrent la montagne, mais Liao Tianding put rejoindre la plaine et se cacher sous un pont. Furieux les Japonais se tournèrent vers Yang Lin et menacèrent de tuer toute sa famille. Yang Lin crut que si Liao Tianding disparaissait, les Japonais relâcheraient leur pression sur les autres et qu’il serait de toute façon pris un jour ou l’autre et que, alors, sous la torture, il donnerait le nom de ses amis. Aussi décida t-il de sacrifier Liao Tianding pour sauver les autres membres du groupe et sa propre famille. Le sachant très fort, il retardait son intervention, mais un jour qu’il lui apportait de la nourriture, le voyant endormi dans la grotte, il le tua en le frappant sur la tête avec une houe ; Liao Tianding avait alors vingt-sept ans. Les Japonais donnèrent d’abord une récompense à Yang Lin, puis le mirent en prison pour meurtre et lui firent subir toutes sortes d’humiliations.

A la mort de Lia Tianding, il se passa des phénomènes étranges : quand les Japonais descendirent son corps de la montagne, des gouttes de sang tombèrent le long du chemin et pendant très longtemps il en sortait une lumière comme celle des lucioles quand le ciel était couvert et quand la pluie était sur le point de tomber. Quand il faisait très sec, la nuit, sortait souvent de la grotte comme une boule de lumière verte qui dévalait la montagne et faisait plusieurs fois le tour de la résidence du commandant japonais du district avant de s’élancer de nouveau et de disparaître. La femme et la fille de ce commandant se mirent à tenir des discours irrationnels, à dire des paroles insensées, à avoir une conduite bizarre, et aucun médecin n’y pouvait rien. Les gens de la région dirent qu’il fallait apaiser l’âme de Liao Tianding. Le commandant refusa d’abord d’obéir à ce qu’il qualifia de superstitions. Puis fort inquiet lui-même au bout d’un certain temps, il fit un vœu devant le tombeau de Liao Tianding. Dès qu’il fit le vœu, les deux femmes furent guéries sans médicament. Le commandant obéit alors à son vœu et fit dresser une stèle sur le tombeau et y offrit des fleurs.

Liao Tianding avait été enterré à la hâte dans ses vêtements ensanglantés et ses amis n’avaient pas osés se manifester par peur de la police. Mais à cause des phénomènes surnaturels qui se produisirent aux alentours du tombeau, une grande foule vint peu à peu prier, de sorte que les autorités japonaises s’alarmèrent, y voyant la manifestation du nationalisme persistant. Le chef japonais local, par crainte de ses supérieurs, fit enlever de nuit la stèle qu’il avait fait ériger ; mais quand la surveillance se calma, les amis de Liao Tianding replacèrent la stèle. Après la guerre, on enterra de nouveau Liao Tianding et on éleva un temple, et ceci eut beau se produire quarante ans après sa mort, on s’aperçut que son cadavre n’était pas décomposé, preuve s’il en fallait qu’il était bien bien devenu un esprit céleste dont on pouvait implorer aide et protection.

Le dieu des acteurs et le dieu des prostituées


Le dieu des acteurs est d’habitude l’empereur Minghuang (Laolang shen 712-756), car ce souverain créa au palais impérial un conservatoire de musique et de danse, dont le nom, Jardin des poiriers, venait de son emplacement dans l’enceinte du palais ; c’est pourquoi on appela désormais les acteurs les disciples du Jardin des poiriers. Ce souverain fut non seulement un grand patron des arts du spectacle, mais il était aussi musicien et acteur. Quand il jouait un personnage dans des saynètes, les autres continuant à lui décerner de « majesté », il leur dit de l’appeler alors « laolang » d’où son nom comme dieu du théâtre. Selon d’autres, ce dieu serait Lei Haiqing, musicien, joueur de pipa, luth piriforme, sous cet empereur Minghuang ; fait prisonnier par le rebelle An Lushan, il refusa de jouer pour lui et fut mis à mort. Les taoïstes, qui voient derrière les dieux une puissance stellaire, disaient qu’en fait Laolang shen était la sixième constellation parmi les sept maisons du Sud. Dans le Sud de la Chine, les troupes d’opéra  n’honoraient pas Laolang shen, mais Tian Du yuanshuai, les maréchaux Tian et Du ou le maréchal Tian Du suivant les interprétations. Les troupes cantonaises, après leur interdiction à la fin du XIXe siècle pour avoir participé à la révolte des Taiping, adoptèrent comme dieu Hua Guang, dieu du feu.

Le dieu des prostituées  était le dieu aux Sourcils Blancs (Bai mei shen), que vous pouvez voir en photo, dont la personnalité reste dans le brouillard, et dont l’origine serait Zoroastre après l’introduction de ce dieu perse en Chine. Avec son premier client, une prostituée devait le saluer, ce qui s’appelait « fixer le sentiment ». Certains y voient Guan Zhong, Premier ministre du royaume de Qi sous l’antiquité, car il aurait été le premier à réglementer et à officialiser la prostitution. Il aurait fondé sept cent bordels pour payer les frais de guerre et lui-même aurait pris plusieurs femmes pour que son souverain, qui s’était entouré d’un vaste harem, n’apparaisse pas au peuple comme un dévergondé. Les prostitués vénéraient aussi cinq immortels qui étaient des animaux : le hérisson, la tortue, la fouine, la souris et le serpent, qui avaient un autel dans la pièce secrète des patronnes de ces lieux pour en assurer la protection. Dans le Sud-est, à l’entrée des bordels, sur le sol, on avait une statue du Cochon aux Huit Vœux (Zhu Ba Jie) tenant dans ses bras une jeune fille en déshabillé, car ce personnage de Voyage en Occident, compagnon du singe et protecteur du bonze parti en Inde chercher les soutras, était célèbre pour sa gourmandise et sa luxure, et il était considéré comme l’esprit le plus compréhensif pour assurer la paix et la prospérité à un tel commerce. Guan Zhong, ayant crée le monopole d’Etat pour le sel, était aussi le dieu des contrebandiers du sel, car sans cette loi, la contrebande n’aurait pas existé.

Sun Simiao et les autres dieux de la médecine


Le dieu des médecins était soit la Trinité des premiers empereurs, Fuxi, Shennong et l’Empereur Jaune, le premier ayant apporté le feu et ainsi la façon de cuire les aliments pour éviter les maux d’estomac, le second ayant essayé sur lui-même les propriétés des plantes et étant mort pour avoir absorber des plantes vénéneuses et le troisième étant l’auteur du premier livre de médecine ; soit Bian Que, célèbre médecin de l’antiquité à qui étaient attribuées les méthodes de diagnostic ; soit Hua Tuo, chirurgien de l’époque des Trois Royaumes, inventeur de l’anesthésie par le chanvre ; soi Sun Simiao (581-682). Ce dernier, dès son plus jeune âge avait montré qu’il était très doué puisque, à sept ans, il était capable d’apprendre plus de mille caractères par jour. Il s’intéressa à la pensée de Laozi et de Zhuang zi, puis se retira sur une montagne pour y faire des recherches sur la médecine et l’astronomie. Un jour, il sauva un serpent que des jeunes gens avaient blessé, le soigna, puis le replaça dans la campagne. 

Quelques jours plus tard, en se promenant, il rencontra un jeune cavalier vêtu de blanc qui le remercia d’avoir sauvé son frère et l’invita à le suivre en lui prêtant un cheval. Ils arrivèrent dans une ville magnifique, y furent introduits en présence d’un roi-dragon, qui montra son autre fils en disant : «  Voici quelques jours, mon fils a été blessé par de jeunes bergers et fut sauvé grâce à vous ».  Sun Simiao se rappela alors le serpent qu’il avait guéri. Il apprit qu’il était au palais aquatique de la rivière Jingyang. Il y fut invité à un banquet, mais se contenta d’un peu de vin, car, cultivant le Tao, il s’abstenait de nourriture. Le roi-dragon, avant son départ, lui remit un recueil de prescriptions médicales pour qu’il secoure les hommes, et c’est là l’origine du fameux traité médical de Sun Simiao : « les Prescriptions précieuses » (Qian Jin Fang)  

L'Un suprême, le dieu le plus important du Taoïsme

Le culte de cette divinité, une des plus anciennes du taoïsme (époque des Zhou de l'Est), s'est maintenu plus de 2000 ans. Sa première mention en tant que principe cosmogonique figure dans un manuscrit de la seconde moitié du IVème siècle avant JC retrouvé à Guodian (Hubei), le Taiyi sheng shui.

Dans le cadre des spéculations cosmologiques des Han de l'Ouest, on l'identifia avec le souffle primordial (Yuanqi) associé à la Petite Ourse ; en tant que personnification de l'Unité qui précède la manifestation, on l'éleva au rang de divinité suprême du ciel avec laozi divinisé, et sa place hiérarchique au-dessus de l'Empereur Jaune et des 5 empereurs (Wudi).

Aux premiers siècles de notre ère, son culte se diffusa dans les couches populaires et on l'inclut dans les divinités des maîtres célestes et des Turbans jaunes. Il joua bientôt un rôle de premier plan comme divinité de corps, symbole du "soi authentique".

Dès l'époque  des 6 dynasties, il s'imposa comme administrateur des destins des humains, dont il consignait les actions dans les registres. Enfin Tang Xuanzong (qui régna de 712 à 756) ordonna d'offrir des sacrifices en son honneur dans les rituels taoïstes d’État.

Le culte de Taiyi est encore répandu à l'époque contemporaine. Aujourd'hui les maîtres taoïstes s'identifient avec lui dans certaines pratiques rituelles, par exemple en accomplissant les "pas cosmiques" (bugang).

Xuantian Shangdi, le dieu chinois tueur de démons


 Xuantian Shangdi, appelé aussi Zhenwu (guerrier parfait) ou Xuanwu (guerrier obscur) est une divinité taoïste dotée de pouvoirs de guérison et d’exorcisme dont les origines remontent au IIIème siècle avant JC.

Xuanwu est un pourfendeur de démons et un autre directeur du destin, responsable des registres de vie et de mort, qui réceptionne les rapports communiqués par les Trois Cadavres, les dieux censeurs du corps humain.

L'empereur Song Zhenzong (qui régna de 998 à 1022) fit construire son premier temple à son honneur dans la capitale Kaifeng.

A l'époque Yuan, il fut associé officiellement au mont Wudang et élevé au rang impérial avec le titre de Suprême Empereur du Ciel obscur en 1304. Sous les Ming, on le considéra comme la 82ème manifestation de Lao-tseu. Fut alors fondé un vaste complexe religieux, spécialisé dans les exorcismes et les arts martiaux. Le mont fut rebaptisé Wudang (Résistance martiale).

L'Empereur Yongle, l'un de ses fidèles les plus sincères, le choisit comme divinité tutélaire de sa dynastie. Il lui consacra un temple au sein de la Cité interdite à Pékin, et commandita la construction et la restauration de sites du mont Wudang, lequel acquit une importance supérieure à celles des 5 pics.

A partir de l'époque Ming, Zhenwu est représenté sous les traits d'un guerrier aux longs cheveux  et aux pieds nus, portant un large manteau par-dessus son armure et l'épée des 7 étoiles, référence à la constellation de l'Ourse. A ses pieds figure souvent un serpent enroulant ses anneaux autour d'une tortue (Xuanwu). on l'appelle parfois le suprême Empereur du Ciel obscur.

Laozi/Lao-tseu, le père du taoïsme



Laozi/Lao-tseu (570-490 av JC) est un philosophe chinois qui selon la légende serait né à Chu, sous un prunier. Il semble que se réfère aussi à sa naissance le nom Li (prunier) qui lui est attribué au Ier siècle avant JC. Il apparaît dans diverses sources sous le nom de Lao Dan. Il est devenu un personnage mythique tenu par la tradition pour être l'auteur du Dao dejing (ses enseignements), ouvrage fondamental de la culture chinoise. Les textes les plus anciens du Zhuangzi datant du IVème siècle avant JC évoquent la mort d'un certain Lao Tan et la discrétion du sage. Il faut attendre les Mémoires historiques (Shiji) de Sima Qian terminés autour de 100 avant notre ère pour que se fixent les traditions. Il n'existe aucune preuve scientifique de l'existence de Laozi. On raconte qu'il se promenait souvent à dos de buffle.

L'historigraphie officielle en fait un devin-annalyste de la cour durant la dynastie des Zhou, mais qui fut vite fatigué de cette tâche peu conforme à ses ambitions et à sa conception du monde. Plutôt que de retranscrire les évènements passés et de prévoir l'avenir au seul service du souverain, il se pencha sur le mystère des choses et des êtres. A partir de sa connaissance du Dao, la Voie, telle qu'elle est enseignée par le Yijing, le classique des changements, il construisit un nouveau modèle d'explication et l'appliqua à son idéal, celui du saint.

Il devient alors un contemporain de Confucius (551-479) mais plus âgé que lui, qu'il morigène pour son arrogance. Il disparaît ensuite vers l'ouest et quitte la Chine (pour l'Inde selon certaines sources), déçu par la situation de l'époque. Sa divinisation est acquise en 166, il devient Li Hong ou Suprême Seigneur Lao, quand l'empereur Houan de la dynastie des Han sacrifie personnellement à un Laozi cosmique, dont rend compte le texte de "L’inscription". Cette figure semble particulièrement en honneur parmi les hommes de guerre mais le livre sert aussi aux dames de la cour de manuel de pratiques sexuelles censées renforcer la fertilité. Pour les taoïstes, le Seigneur Lao est au pinacle du panthéon. Ce Laozi divinisé renait régulièrement et va et vient dans le monde des hommes. Il demeure selon les versions dans la Grande Ourse ou dans le ventre de sa mère. Il fut alors inclus dans la Triade des 3 Vénérables célestes.

Parrallèlement, la lente diffusion du Laozi produit une exaltation mystique qui fait du personnage mythique un sauveur. Pour le courant des Maîtres Célestes reconnu comme église en 215, Laozi n'est plus le "Vieux Maître" mais le "Vénérable Prince de la Suprême Souveraineté".

Au cours du Vème siècle, les églises taoïstes devant se positionner face au bouddhisme, Laozi devint celui qui, parti vers l'ouest, initia les barbares à un message qu'ils méconnurent et attribuèrent au Bouddha. De cette divinisation, un trait est saillant : le corps de Laozi est un corps de transformation. Il change neuf fois en une journée. Sa gestation de quatre vingt-un ans fait de lui un "Vieil Enfant". L'imagerie le place au centre d'un vaste complexe de mythes, de nombres et de symboles. En parcourant mentalement son corps, de Laozi, l'adepte taoïste fait descendre en lui la puissance qu'il incarne. Il se rend alors immortel.
 
Le culte de Laozi connut son moment de gloire sous les empereurs Tang, en particulier sous Gaozong (régna de 649 à 683) et Xuanzong (régna de 712 à 756). Ce dernier ordonna que des temples taoïstes consacrés au "Vieux Maître" fussent ouverts dans la capitale de chaque province de l'empire.

Zhanxu, l'Empereur du Nord


Zhanxu était le fils de Changyi et le neveu de Shaoshao, sa mère s’appelait Jingpu. Vers la fin du temps de Shaohao, il apparut un phénomène étrange dans le ciel : l'étoile Yaogang de la Grande Ourse passa soudain à travers la lune. Jingpu, concubine impériale du Seigneur Changyi qui habitait dans le palais Youfang, devint enceinte du passage de l'étoile Yaogang.

Plus tard, le Seigneur Changyi se dégrada et s'expatria dans les régions lointaines au sud-ouest, au bord de la rivière Ruoshi. Jingpu l'accompagna et accoucha d'un garçon portant un bouclier et une hallebarde. Cela annonçait que Zhanxu deviendrait un chevalier et remporterait le succès à la force. Surdoué, Zhanxu fut capable d'assister Shaohao à l'âge de dix ans, ressembla à un adulte à douze ans et devint l'Empereur quand il eut seulement vingt ans.

Il établit sa capitale à Diqiu (à l'actuel Puyang, Henan). Pour sauvegarder la paix, il surveilla le pays au dragon tous les jours et patrouilla dans toutes les régions où les lumières du soleil parvenaient. Au retour au Palais impérial, il ordonna à son dragon volant d'imiter les bruits du vent et créa un morceau de musique, Chengyun (les Nuages), qu'il présenta à l'Empereur jaune.

L'Empereur jaune appréciait beaucoup Zhuanxu, et lui ordonna de gérer l'univers à sa place. Arrivé au pouvoir, Zhanxu se prit à couper le passage entre le ciel et la terre. A cette époque-là, le ciel et la terre étaient séparés, mais il existait quand même des échelles et des piliers liant les deux. Les divinités et les sorciers faisaient le va-et-vient entre le ciel et la terre à travers ces passages. En même temps, des divinités vicieuses, comme Chiyou, en profitaient et causaient beaucoup de troubles sur terre. Bien que Chiyou fût tué à la fin du combat, l'ordre de l'univers fut détruit totalement. En même temps, les serviteurs favoris de Huangdi, le dragon Ying et sa fille Kui, ne purent retourner au Palais céleste à cause de leurs blessures. Zhanxu en tira une leçon et décida de couper les passages.

Il envoya deux divinité, Zhong et Li, pour accomplir cette mission. Zhong leva le ciel vers le haut avec toutes ses forces, en même temps Li pressa la terre vers le bas avec ses deux mains herculéennes. La distance entre le ciel et la terre s'élargit, et les échelles et les piliers n'ateignirent plus le ciel. De cette façon, le ciel et la terre furent séparés nettement, le Ciel était destiné spécialement aux divinités, alors que la terre constituait la seule habitation des hommes. On interdit aux divinités de descendre sur terre sans autorisation.

Pour l'humanité, il fut impossible de monter au ciel. Cela fait, Zhanxu chargea Zhong de gouverner le ciel et Li de la surveillance de la terre. En bloquant les passages, Zhanxu chargea Zong de gouverner le ciel et Li de surveiller la terre.

Dès lors on vivait dans un monde pacifique et les divinités n'osaient pas se rebeller. Fier de son exploit, Zhanxu se conduisait en despote, changeait l'ordre de l'univers à sa guise, et tyrannisait les autres divinités.

Parmi ses agissements pervers, le plus grave fut qu'il fixa le soleil, la lune et toutes les étoiles au nord, leur interdisant de se déplacer. Cela entraina des conséquences désastreuses : des endroits se trouvaient toujours sous la chaleur, les lumières aveuglaient les hommes ; d'autres endroits s'enfonçaient dans l'obscurité profonde. Toute les divinités et toutes les espèces humaines souffraient beaucoup de son oppression. La tyrannie insupportable de Zhanxu provoqua finalement la rébellion de Gonggong.

Gonggong était le fils de Zhurong, divinité du Feu, et descendant de la cinquième génération de l'Empereur du soleil Yandi, l'empereur céleste  du sud. Divinité de l'Eau, il vivait dans les contrées désertiques au nord et avait une tête humaine, deux mains, deux jambes, mais un corps de serpent. Quand il marchait, ses cheveux rouges ébouriffaient au vent. En plus des céréales, il mangeait aussi des animaux. Puisqu'il était fort et féroce, les autres divinités avaient peur de lui. Deux divinités travaillèrent sous ses ordres, Xiangku et Fuyou. Xangliu avait un visage humain et un corps de serpent, et le plus horrible, c'est qu'il avait neuf têtes qui pouvait se déplacer librement et prenaient les repas aux neuf montagnes. Partout où il passa, des marais apparurent. Quant à Fuyou, les documents anciens ne nous décrivent pas son apparence, et disent seulement qu'après sa mort, il devint un ours au poil rouge.

Xianglu et Fuyou aidèrent ensemble Gonggong à gérer les fleuves. Surpris de la rébellion de Gonggong, Zhanxu l'affronta avec ses armées sous le commandement de son subordonné Yuqiang, divinité des mers. C'est le plus grand combat entre les divinités après celui entre Huangdi et Chiyou. Zhanxu et Yuqiang eurent tous des pouvoirs magiques et l'emportèrent progressivement sur Gonggong qui, n'ayant pas la force de résister, céda peu à peu. Le champ de bataille se déplaça près d'une montagne dans les landes au nord-ouest. Cette montagne, originellement un des piliers célestes qui liaient le ciel et la terre, s'élevait jusqu'au nuages. Devant la défaite, Gonggong voulut périr avec Zhanxu. Il heurta d'un coup la montagne. Avec un bruit assourdissant, la montagne se cassa en deux : dès lors on l’appela Mont Buzhoushan (Montagne cassée).

Sans le support de ce pilier, le ciel pencha vers le nord-ouest. Le soleil, la lune et les étoiles emprisonnés par Zhanxu au nord s'y échappèrent et se déplacèrent vers le nord-ouest. Dès lors ils se retrouvaient dans l'orbite de l'est à l'ouest. Lorsque Gonggong se heurta contre le Mont Buzhou, un câble suspendant la terre au ciel se brisa en même temps, la terre sombra vers le sud-est. Ainsi la plupart des fleuves en Chine courent vers le sud-est.

L'ordre invulnérable de Zhanxu fut détruit par le choc de Gonggong et personne ne le répara après. l'univers entra dans une nouvelle ère, l'état cosmique d'aujourd'hui. Pendant le combat Gonggong se réfugia sous l'eau et ses subordonnés s'enfuirent dans toutes les directions.  Pendant la dynastie Han, on pensait que Zhanxu après sa mort était devenu l'Empereur céleste du nord. Il s'occupait alors de l'hiver.

Selon les légendes populaires, le 18 mars du calendrier lunaire est l'anniversaire de Zhanxu, ce jour-là on lui offre des sacrifices.

Yanluowang, le dieu chinois des enfers


Yanluowang ou Yen-lo-wang (le roi Yanluo) est un dieu chinois d'origine bouddhiste, gardien et juge de l'enfer. Très présent dans l’imaginaire grâce à l'iconographie et aux contes populaires, il ne possède aucun temple en propre, comme toutes les déités d'aspect trop féroce. Tout au plus trouve-t-on quelques rares sanctuaires où il est honoré en même temps que neuf autres collègues (ex : temple des Dix rois des enfers de Yaumatei ; à Hong Kong). A Taïwan, une place est parfois faite aux Dix rois des enfers dans le temple du Dieu de la muraille et des douves. Yanluowang lui est en effet est associé dans le bouddhisme populaire et la religion traditionnelle, tout comme il l'est au bodhisattva Dizangwang. Ces trois divinités sont liées au monde infernal.

A l’origine de Yanluowang on trouve la déité hindouiste Yama, mentionnée pour la première fois dans les Vedas, Dieu de la mort régnant à la fois sur le Paradis et l’Enfer, nommé nakara et situé sous terre au Sud de notre monde. Ses fonctions dans le bouddhisme mahayana sont limitées au jugement des âmes et à la gestion des enfers. Quoique surhumain, il n’a pas encore échappé à la samsara, contrairement à Dizangwang, version sinisée du bodhisattva Ksitigarbha. Selon une tradition, il est lui-même tourmenté chaque jour par ses propres sbires, et n’échappera à ce sort que lorsqu’il commencera l’ étude du dharma.

Puisant dans différents textes indiens et dans la culture locale, la tradition chinoise propose plusieurs versions concernant le nombre des enfers et des divinités qui sont à leur tête. Il semble qu’à l’origine il y ait eu deux versions concurrentes : 136 enfers (8 grands divisés chacun en 16 plus petits) ou 18, chacun d’entre eux étant dirigé par un roi subalterne de Yanluowang.

Elles furent fortement concurrencées à partir des Tang par une nouvelle version influencée par le taoïsme, qui a adopté Yanluowang pour en faire le cinquième d’un ensemble de dix rois (shidianyanwang ) nommés chacun à la tête d’un enfer par l’Empereur de jade. Les neuf autres rois sont : Qinguangwang , Chujiangwang, Songdiwang, Wuguanwang, Kachengwang Taishanwang Pingdengwang,  Dushiwang, Zhuanlunwang, noms typiquements taoïstes. Ils concurrencent Bei Di, un autre dieu taoïste du monde des morts. Yanluowang reste néanmoins le plus célèbre, et de loin le plus présent dans l’iconographie.

Il arrive pourtant qu’il disparaisse totalement de la liste, faisant place à un personnage historique, magistrat intègre de son vivant nommé juge des morts par une divinité supérieure, le plus souvent le juge Bao. Quelquefois on lui prête trois assistants nommés "vieillesse", "maladie" et "mort".

Il est parfois associé, seul ou avec ses neuf collègues, au Dieu de la muraille et des douves, une sorte de fonctionnaire territorial divin avec pouvoir de juridiction sur sa circonscription, y compris les enfers. Il devient alors un des juges à son service ou son collaborateur.

Les enfers que président Yanluowang sont parfois appelés Fengdu et situés sous le mont du même nom, aussi appelé Mingshan « mont des Enfers », au nord-est du comté de Fengdu dans le Sichuan. Selon le professeur Jiang Yuxiang du Musée de l’université du Sichuan, Fengdu, où un culte est rendu à un immortel depuis la dynastie Han, est l'une des 72 terres d’immortalité du taoïsme. Il fut identifié à partir des Song du sud au mont Luofeng donné comme siège des enfers par Tao Hongjing dans le Zhengao. On y trouve au XXIe siècle un village-fantôme touristique sur la route des croisières sur le Chang Jiang.

Le roi des enfers dirige un petit personnel de démons souvent représentés avec une face animale, chargés de capturer les âmes que leur méchanceté a désigné à son attention et de tourmenter les damnés. Ce sont eux-même des créatures ayant mal tourné et leur fonction est aussi une sorte de punition. A l’issue de leur peine, qui peut parfois être très longue, les âmes sont réinsérées dans le cycle des réincarnations après l’absorption d’une potion d’oubli.

Le bouddhisme a joué un grand rôle dans la diffusion de l’image de l’enfer et des punitions terribles promises aux pécheurs. Néanmoins, cet enfer se superpose à la représentation du monde des morts issue de la religion chinoise, et la croyance en la réincarnation est quelquefois la seule trace d’idéologie bouddhiste qu’on y trouve. 

Le monde des morts est alors un reflet de celui des vivants, administré de façon similaire. Les démons, par exemple, y sont des gardiens que la famille du défunt peut soudoyer par des offrandes de papier-monnaie, d’où l’importance des cérémonies en faveur des morts sans famille comme celles de la fête des fantômes. Dans le temple de Yaumatei on peut voir la représentation d’un homme portant un carcan qui offre de l’encens aux Dieux des enfers. Il s’agit d’un mort sans sépulture, ramassé comme un vulgaire vagabond par la police démoniaque et amené devant le juge divin, qui déterminera grâce à sa clairvoyance s’il est criminel ou victime, et veillera le cas échéant à ce que justice lui soit rendue.

Dans la version plus bouddhiste de l’enfer, les démons tourmenteurs sont des émanations de l’âme impure des damnés, et le salut tient autant à la valeur spirituelle des prières des vivants qu’à la force magique des cérémonies.

Si certains chinois reconnaissent en lui une divinité bouddhiste, d’autres le considèrent comme un dieu taoïste en concurrence avec le bodhisattva Dizangwang. Généralement vu comme une divinité effrayante, il peut également présenter l’image plus rassurante d’un juge intègre et juste ou d’un défenseur du dharma.

Ma Wang, Le Dieu Roi des chevaux


De nombreux temples dédiés à Ma Wang, Le Dieu Roi des chevaux existaient en chine. Le plus célèbre était celui de Dingzhou, dans la province du Hebei. La fête de ce dieu était le 23ème jour du 6ème mois, et il était assimilé à l'étoile Fang.

Sa statue le représente avec quatre bras, un visage rouge, un aspect terrifiant et trois yeux. D'après la légende, il aurait acquis ce troisième oeil de la façon suivante : le dieu s'était incarné sur terre à l'époque où Lu Ban, l'ancêtre des menuisiers, avait fini de construire le pont de Zhaozhou. Lu Ban rencontra un vieillard qui lui paria que son pont ne resisterait pas s'il passait dessus en chevauchant son âne. Il releva bien évidemment le défi, car il ne savait pas que ce vieillard n'était autre que Zhang Gualao, un des huit immortels. Celui-ci convoqua les trois monts et les cinq montagnes sacrées sur le dos de son âne. Interloqué de voir son pont qui commençait à craquer, Lu Ban se précipita en dessous et réussit à le soutenir avec son doigt. Le poids avait été tel que les empreintes de pas de l'âne restèrent dans la pierre.

Lu Ban, furieux contre lui-même de n'avoir pas reconnu Zhang Gualo et de s'être laissé ainsi berner, s'arracha un oeil qu'il jetta au loin. Le dieux des chevaux qui passait par là le ramassa et, l'ayant placé au milieu de son front, s'acquit ainsi le troisième oeil qui permet de voir les trois mondes et les trois époques : passé, présent, futur.

Zhong Kui, l'exorciste légendaire chinois


Zhong Kui est un exorciste légendaire de la Chine. Il apparaît parfois en dieu protecteur sur les portes. Selon la tradition chinoise, c’était un jeune homme doué pour les études mais fort laid vivant sous la dynastie des Tang. Il se rendit une année aux examens impériaux avec son ami Du Ping et arriva en tête. Cependant, lors de l’entrevue que les lauréats devaient avoir avec l’empereur, ce dernier le jugea trop laid pour occuper une fonction publique et annula son titre de bachelier. De dépit, Zhong Kui se jeta tête la première contre les marches du palais et en mourut. L’empereur lui offrit à titre posthume une robe de fonctionnaire et le roi des Enfers le nomma chef des fantômes en compensation. 

Pour remercier Du Ping qui avait organisé ses funérailles, Zhong Kui revint sur terre la veille du Nouvel an pour arranger un mariage entre lui et sa sœur, épisode évoqué dans l’opéra de Pékin Zhong Kui marie sa sœur.

La première mention littéraire connue de ce personnage se trouverait dans l’Histoire non officielle des Tang, ouvrage perdu datant de la dynastie Song. L’empereur Tang Xuanzong malade aurait vu dans un cauchemar un démon voler une de ses flûtes et la bourse brodée de la favorite Yang Guifei. Un démon plus grand portant une coiffe de mandarin serait alors apparu et aurait fait fuir le premier après lui avoir arraché un oeil qu’il aurait avalé. Il se serait alors présenté comme Zhong Kui de Nanshan, ayant juré de débarrasser l’empire des influences néfastes. L’empereur se réveilla guéri et ordonna au peintre officiel Wu Daozi de faire le portrait de l’esprit exorciste, et d’en faire placer un sur la porte de sa chambre à coucher. Encore au XXIe siècle, Zhong Kui apparaît parfois sur les portes en dieu protecteur.

Le mythe de Zhong Kui aurait des origines plus anciennes que la dynastie Tang. Selon les érudits Yang Shen (1488-1559), Gu Yanwu (1613- 1682) et Zhao Yi (1727-1814), le nom du personnage serait une variante graphique de zhong kui, un objet rituel d’exorcisme, dont le nom serait l’expansion disyllabique de zhui, bâton servant à chasser les esprits selon des livres ancien comme le Zhouli. Selon le folkloriste taïwanais Hu Wanchuan, le personnage de Zhong Kui serait lié aux traditions chinoises anciennes de l’exorcisme nuo, dans lequel des jeunes gens déguisés expulsaient les mauvaises influences du palais lors de la période du Nouvel An chinois.

Les trois étoiles du taoïsme


Les étoiles les plus populaires dans la mythologie chinoise sont appelées les Trois étoiles (san xing), ce sont celles du Bonheur, de la Réussite et de la Longévité (Fu, Lu, Shou). Elles ont succédé aux cinq étoiles du bonheur de l'antiquité, une par saison plus une du centre. On les appelle encore les "Trois Purs", car ce sont les principes suprêmes du Taoïsme. 

Ce sont des personnages historiques qui obtinrent un statut divin en reconnaissance de leurs mérites spécifiques. Zhang Heng, fils et successeur de Zhang Daoling (34-156), le fondateur du taoïsme religieux, lança la croyance aux Trois Fonctionnaires du Ciel, de la Terre et de l'Eau. Le culte des Trois étoiles s'est élaboré sur ce modèle.

Fuxing, le Fonctionnaire du Ciel, qui correspond à l'étoile du bonheur, est représenté en robe une robe simple d'un marchand. il est souvent dépeind comme portant un enfant et, comme la richesse ne nuit pas au bonheur, un lingot d'or figure parfois parmi les symboles qui l'entourent. L'identité de cette divinité varie selon les légendes mais beaucoup s'accordent à dirent qu'il s'agirait d'un employé du gouvernement appelé Yang Cheng, qui vécut au VI' siècle av. j.-C. Il était originaire d'un village où les habitants étaient de petite taille. Chaque année, l'empereur, qui aimait s'entourer de nains, convoquait plusieurs villageois à sa cour et ne les laissait plus repartir. La population du village diminuait. Un jour, Yang Cheng demanda pitié à l'empereur de la part des villageois. Impressionné par la requête de Yang Cheng, l'empereur accéda à sa demande.

Luxing, l'étoile de la réussite est parfois associée à l'immortel Zhang (Zhang xian) qui protège les enfants ; elle est dans ce cas également représentée entourée de jeunes garçons. Il a une figure majestueuse, porte le chapeau d'un haut fonctionnaire et il est habillé de soies exquises. Certaines légendes disent qu'il s'agit en fait de ShiFrei, un serviteur du fondateur de la dynastie des Han qui vécut à la fin du IIIe siècle avant notre ère.

Shouxing, l'étoile de la Longévité figure sous les traits d'un vieillard à barbe blanche avec un crâne bombé et allongé ; il tient un haut bâton avec une tête de dragon sculptée dans la crosse et une pêche d'immortalité dans la main.

Les trois étoiles forment en fait un tout, chacune ayant un peu les fonctions des deux autres.

Shaohao, l'empereur mythique de l'Ouest



Parmi les empereurs mythiques de la Chine, Shaohao était l'empereur mythique de l'Ouest. Shaohao était le fils de l'étoile Vénus. La fée Huang'e, tisserande du palais céleste, tissait le soir et voyageait le jour. Un jour, elle arriva avec son radeau au bord de la mer de ouest, et y trouva un mûrier qui s'élevait sur des kilomètres, dont les feuilles étaient rouges, et les fruits étaient violets. Ce mûrier donnait des fruits tous les 100 000 ans et si on en prenait un, on devenait immortel.

Attirée par le beau paysage, la fée Huang'e s'y amusait toute la journée. Alors l'étoile Vénus se transforma en un bel homme et s'approcha d'elle. Il chanta pour elle en s'accompagnant du psaltérion chinois. Attirée par la mélodie et l'éphèbe, Huang'e l'invita sur son radeau. Assis côte à côte, Vénus continua à jouer du psaltérion, Huang'e chanta leur coup de foudre d'une belle voix. Après, ils donnèrent naissance à Shaohao.

Une autre version raconte qu'une étoile géante traversa le ciel avec une queue belle comme l'arc-en-ciel et tomba sur l'île Huazhu. Juste à ce moment là, une jeune fille appelée Nüjie rêvait de faire l'amour avec un homme. Réveillée, elle se découvra enceinte de Shaohao. Des phénix, porteurs du bonheur, voltigeaient autour de lui pour célébrer sa naissance.

Shaohao résida d'abord à l'est, où il  régna sur vingt-quatre tribus portant chacune un nom d'oiseau. Sa capitale se trouvait près de Qufu, la ville natale de Confucius. Il était secondé par son neveu Zhuanxu, pour qui il fabriqua une cithare qin à sept cordes et une autre avec vingt cinqs cordes.

Plus tard il fut affecté à l'ouest, où il fut assisté de son fils Rushou, gardien du soleil couchant et chargé des châtiments. Il laissa à l'est un autre de ses fils, Gouwang, qui devint l'auxiliaire de l'empereur de l'est, Fuxi. Shaohao avait deux autres fils : Boyi, qui assista Yu dans la régulation des eaux et Qingqi, un tigre ailé qui volait dans le ciel. Un autre fils fut l'inventeur des arcs et des flèches.

Pour commémorer l'arrivée des phénix le jour de sa naissance, il fit de tous les oiseaux les fonctionnaires du pays : le phénix fut chargé du calendrier ; l'hirondelle, la pie-grièche, le pinson et le faisan doré étaient responsables des quatre saisons ; le vautour violent et fort avait en main le pouvoir militaire ; l'aigle se chargea des droits puisqu'il était juste et impartial ; le pigeon fut strict avec sa femme, il l'expulsa du nid quand il pleuvait et l’appela à rentrer quand il fit beau ; en même temps, il était pieux et soumis à ses parents, donc, Shaohao le désigna comme ministre de l'éducation ; cinq faisans prirent respectivement la charge de la construction, de la fonderie, de la poterie, de la fabrication de cuir et de la teinturie. Le royaume de Shaohao était vraiment un royaume des oiseaux.

L'Impératrice Leizu, l'épouse de l'Empereur Jaune


Leizu, la femme de l'Empereur jaune participa à son rôle de héros civilisateur. Elle apporta en effet la soie aux hommes. Au cours de la fête pour célébrer la victoire sur Chiyou, la déesse des vers à soie en apporta en cadeau deux echeveaux, l'un doré, l'autre argenté, pour que l'Empereur jaune s'en fasse faire des vêtements. L'impératrice Leizu eut alors l'idée d'élever des vers à soie pour pouvoir produire du tissu aussi beau.

Cette déesse était à l'origine une jeune fille qui vivait seule avec son père. Celui-ci s'étant absenté depuis assez longtemps, elle se sentait seule et demanda à un cheval d'aller chercher son père. Elle dit cela comme un enfant qui confie ses chagrins à l'animal de la maison et ajouta : "Si tu le ramène, je t'épouserais". Or, le cheval partit, alla retrouver le père et, en le tirant par ses vêtements, en hennissant dans la direction du village, il réussit à se faire comprendre : intrigué, le père revint aussitôt chez lui. Mais dès lors le cheval refusa de manger et, aussitôt qu'il aperçevait la jeune fille, il devenait très nerveux. Comme le père s'étonnait de la bizarrerie de l'animal, sa fille lui raconta qu'elle lui avait demandé de le ramener en lui promettant le mariage. Inquiet, le père interdit à sa fille de sortir et, pour éviter des ennuis, il tua le cheval et fit sécher sa peau dans la cour.

Un jour que la fille jouait avec ses amies, elle aperçut la peau, donna un coup de pied dedans en s'écriant : "Vil animal, comment pouvais-tu avoir l'impudence d'oser vouloir posséder une jeune fille telle que moi!". Alors la peau se dressa, l'enveloppa et l'enleva. Le père partit à la recherche de son enfant et découvrit qu'elle était devenue un insecte avec une tête de cheval. Puisqu'elle avait perdu son existence humaine et qu'elle vivait sur des muriers, on l'appela can, ce qui signifie à la fois mûrier et enterrer. Elle reprenait parfois l'apparence d'une belle fille, mais portait toujours sur elle une peau de cheval, et quand elle tirait dessus pour l'arracher, elle redevenait cet insecte et crachait du fil de soie.

Lorsqu'elle devint une déesse et l'impératrice célèste, elle developpa la culture du vers à soie, ce qui contribua à l'essort civilisateur de la Chine.

Zaowangye, le dieu du fourneau


Zaowangye (encore appelé Zaojun, Tao quan ou Dieu du fourneau en français) est un dieu de la religion traditionnelle chinoise dont l'effigie en papier, parfois accompagnée de celle de sa femme, est collée sur le mur au-dessus des fourneaux dans la cuisine.

Son rôle est de surveiller les faits et gestes des membres de la maisonnée et d'en faire un rapport au dieu suprême (Tiandi l'"Empereur céleste" ou Yuhuangdadi l'Empereur de jade) une fois par an. Déjà dans le Liji, "Livre des rites" datant des Royaumes combattants, le culte du fourneau est mentionné parmi les sept que doit rendre le roi, et les deux rendus par le peuple, avec celui de la porte. Il est décrit comme très frugal et sans pompe (un "rite de vieille femme"), mais absolument indispensable pour garantir la sécurité alimentaire. Peu avant les Han, le rôle du dieu s'est élargi au contrôle général de la destinée familiale, et sous les Jin, la tradition du rapport annuel fait au Ciel était établie.

La personnification du dieu a pris des aspects variés selon les sources et les époques. Sous les Han, il a parfois été identifié à Yandi, assimilé lui-même à Shennong, dieu de l’agriculture. Lorsque la tendance chinoise à l’evhémérisation s’est généralisée, comme toutes les autres divinités, le dieu du fourneau est devenu un ancien mortel divinisé. Il existe plusieurs versions de sa vie, mais depuis les Ming, toutes s’accordent au moins sur son nom de famille : Zhang.

Une image (autrefois une estampe) représentant le dieu, souvent accompagné de son épouse, est collée sur le mur au-dessus du fourneau. Les personnes pieuses leur brûlent de l’encens tous les 1er et 15 de chaque mois lunaire. Une fois par an a lieu la cérémonie d’adieu, « songzao ». En effet, le soir du 23 du douzième mois lunaire, Zaowangye monte au Ciel faire son rapport sur la conduite de la maisonnée. Selon certains, le rapport qu’il emporte a été transcrit par sa femme. Avant son départ, on lui brûle de l'encens et lui prépare des offrandes, surtout des mets sucrés pour qu'il parle en bien de la famille (“bouche sucrée" en chinois signifie “flatter”, “enjôler”). Les fidèles qui ne s’embarrassent pas de manières collent carrément une sucrerie collante (tangyuan, riz glutineux) sur la bouche de l’effigie. L’image est alors descendue et brûlée, et le dieu monte au Ciel avec la fumée. Dans certaines régions on allume à l’occasion les premiers pétards de la période du Nouvel an chinois. Le soir du réveillon du Nouvel An, Zaowangye revient ; une cérémonie d’accueil a lieu et une nouvelle image est collée sur le mur.

Du contenu de son rapport dépendent heurs et malheurs de la maisonnée dans l'année à venir : les bonnes actions sont récompensées et les mauvaises punies. Parfois le prix se paie en jours de vie : trois retirés pour une petite faute et trois cent pour une grande, selon un livre datant des Jin. Voici une des innombrables versions de la vie terrestre du dieu du fourneau :

Un certain Zhang, joueur invétéré, avait perdu jusque sa femme qu’il avait dû céder à un bûcheron. Un jour, poussé par la faim, il se résolut à retourner lui demander de l’aide. Pas rancunière, elle lui prépara des feuilles de bambou farcies de riz dans lesquelles elle cacha un peu d'argent. Malheureusement, sur le chemin du retour, il rencontra un créancier à qui il dut céder son butin. Il était de retour chez son ancienne épouse quand le mari revint du travail. Zhang se cacha dans la bouche du fourneau, ne se doutant pas que le mari allumerait immédiatement le feu pour faire chauffer de l'eau. Zhang choisit de se laisser réduire en cendres plutôt que de risquer des ennuis à la femme. Après sa mort, celle-ci se mit à brûler de l'encens devant le fourneau matin, midi et soir. Son mari lui en ayant demandé la raison, elle répondit : “C’est le fourneau qui nous nourrit, c’est la moindre des choses de lui rendre un culte”. Cette phrase fut rapportée aux voisins qui la trouvèrent juste. Ils l’imitèrent, et rapidement, cette coutume se répandit dans tout le pays. L’empereur de jade décida de la confirmer en nommant officiellement Zhang Dieu du fourneau.

Tudigong, le dieu du sol



Le Dieu du sol (littéralement « seigneur du sol ») tudigong est un dieu chinois d'influence locale qui veille à la façon d'un fonctionnaire sur le bien-être des habitants. Il symbolise la sécurité et la paix nécessaire à voyager hors du lieu sous sa protection. Il en existe ainsi autant que de communautés territoriales, certains gouvernant des lieux non habités tels que des surfaces de culture ou des cimetières. Il est vu comme un administrateur bienveillant et intègre, d'où son titre officiel de « Dieu juste garant du bonheur et de la vertu » (Fudezhengshen).

On va le prier dans toutes les occasions importantes (mariages, naissances, déménagements, début de l'année etc.), ou quand le besoin s'en fait sentir, dans ses temples (tudimiao) souvent flanqués d'un arbre, mais il s'agit parfois de simples oratoires, qui peuvent prendre dans les cimetières la forme d'une stèle ou d'une tombe (ethnie Hakka). Lorsque est construite une nouvelle maison on casse une motte de terre pour ensuite sacrifier au dieu du sol. Certains commerçants en placent un dans leur boutique.

Il est représenté comme un vieillard barbu aux joues roses, signe de bonne santé, vêtu en fonctionnaire de bas grade, parfois accompagné de son épouse, la « vieille dame du sol » (Tudipo). Addition postérieure, cette épouse ne reçoit pas directement de culte, ce que certains expliquent par le fait qu'elle serait aussi acariâtre que son mari est bienveillant ; d'autres néanmoins en ont une vision plus positive et comptent sur sa sollicitude. Tudigong tient un lingot d'or dans la main droite, symbole de bien-être matériel. Il chevauche quelquefois un tigre qui chasse à sa demande les démons. Parfois il s'appuie sur une canne grâce à laquelle il transforme son apparence pour effectuer des inspections incognito ; dans les cimetières, une gourde, signe taoïste de longue vie et d'immortalité, peut y être attachée. Dans les plus grands temples, Tudigong est flanqué de deux assistants, le « juge civil » (wenpanguan) et le « juge militaire » (wupanguan).

Son anniversaire est fêté deux fois : le 2 du deuxième mois lunaire et le 16 du douzième mois. Pour solliciter sa protection, les commerçants et les entreprises préparent une table d'offrandes alimentaires et brûlent du papier-monnaie les 2 et 16 de chaque mois lunaire ( zuoya de zuo "faire" et ya « dent »). A Taiwan, le 16 du douzième mois, les patrons convient leur employés à un festin appelé weiya, « ultime dent ». Autrefois, si un employé devait être licencié, les plats comprenaient un poulet ou un canard entier dont la tête était tournée vers le malchanceux. Cette coutume a été abandonnée, mais pour éviter tout malentendu, les volailles entières sont en général absentes du weiya.

Comme tous les dieux chinois, les divers dieux du sol sont censés avoir eu une existence humaine, en général celle d'un fonctionnaire local qui s'est distingué par son intégrité ou la qualité de son travail. Il existe ainsi une multitude de légendes relatant leur vie terrestre.

Le vieillard sous la lune


Le vieillard sous la lune (yuèlaǒ) est un personnage de la mythologie et du folklore chinois qui détermine les alliances matrimoniales en fabriquant les effigies en terre des futurs époux, qu’il relie ensuite par un fil de soie rouge. Dans certains temples, on peut s’adresser à sa statue pour solliciter une alliance. C’est un vieil homme à barbe blanche tenant dans la main gauche le registre des mariages et dans la droite une canne.
Le rouge est une couleur auspicieuse associée aux noces. La coutume de faire tenir lors de la cérémonie de mariage l’extrémité d’un fil rouge par chacun des époux était déjà connue sous les Tang. Le fil a été remplacé par un mouchoir sous les Song. Présenter deux personnes en vue du mariage se dit « tendre le fil rouge ».

Pour expliquer les problèmes que rencontrent certains mariages, on raconte parfois que le vieillard ne dispose que d’un local limité pour faire sécher les effigies en terre qu'il fabrique et doit en laisser plusieurs dehors. Parfois la pluie les fait fondre en partie, ce qui diminue l'entente du couple.

La statue du vieillard sous la lune se trouve en général dans un grand temple, comme celui du Dieu préfet ; les temples qui lui sont spécialement consacrés sont rares. Chaque lieu a ses règles en matière d’offrandes et de remerciements dus en cas de réussite. On ne peut en principe solliciter qu’une seule alliance, en indiquant clairement son nom et son adresse. Certains préparent deux petits plombs reliés par un fil rouge qu’ils font passer au-dessus du brûle-parfum du temple et portent ensuite sur eux ou placent sous leur oreiller. L’anniversaire du dieu est célébré le jour de la  Fête de la mi-automne.  
 
La lune associée à la déesse Chang’e a depuis longtemps en Chine une connotation romantique. Le mythe du vieillard sous la lune apparaît pour la première fois sous les Tang dans l’Auberge des fiançailles, un des contes du recueil de récits fantastiques Xuyouguailu de Li Fuyan (775-833).

Un beau soir, un tout jeune voyageur nommé Wei Gu descendit pour une nuit dans une auberge de Songcheng. Près de l’entrée, sous la clarté lunaire, il vit un vieil homme appuyé contre un sac de toile qui semblait consulter un registre. Intrigué il s’approcha : les pages du registre étaient blanches. Il ne put s’empêcher de lui demander ce qu’il pouvait bien y chercher. Le vieillard lui répondit : « Toutes les unions matrimoniales du monde sont inscrites dans ce registre. » et comme Wei Gu regardait le sac d’un air interrogateur : « Ce sont des fils de soie rouge qui, une fois attachés aux pieds de deux personnes, les vouent à être époux, quelle que soit la distance sociale ou géographique qui les sépare actuellement, même si leur familles sont ennemies jurées. »

La curiosité l’emportant sur la raison, Wei Gu ne put s’empêcher de lui demander s’il savait qui il épouserait. Le vieil homme lui répondit en riant : « Contre le mur nord de l’auberge, il y a l’étal d’une vieille marchande de légumes. Ta future épouse, c’est sa petite-fille. » Le jeune homme, pensant qu’il se moquait de lui, monta se coucher sans plus rien demander. Le lendemain, par curiosité, il alla jeter un coup d’œil et vit effectivement, courant de ci de là près du dit étal, une petite fille au nez mal essuyé qui ne payait pas de mine. Vexé, il la poussa alors qu’elle passait près de lui. L’enfant tomba et se mit à pleurer à grand bruit ; Wei Gu s’éclipsa mi-honteux mi-rageur.

Quelques années passèrent. S’étant distingué lors d’une campagne militaire, Wei Gu se trouva fiancé à la fille du chef de l’arsenal de Xiangzhou. Le soir des noces, découvrant selon la coutume le visage de sa femme pour la première fois, il fut intrigué par une mouche qu’elle portait entre les sourcils. Elle lui expliqua : « Lorsque j’étais petite, un jour que je tenais compagnie à ma grand-mère, un voyou m’a fait tomber sur le front et j’en ai gardé une cicatrice. » Wei Gu dut alors se rendre à l’évidence : sa femme était bien la petite fille annoncée et le vieillard était bien un dieu. Il confessa son histoire, qui finit par parvenir aux oreilles du préfet de Songcheng. Celui-ci fit renommer l’auberge « Auberge des fiançailles » et l’existence du vieillard sous la lune fut bientôt connue de tous. Quant à Wei Gu et sa femme, ayant pris conscience que leur union n’était pas le fruit du hasard, ils eurent à cœur de ne jamais se disputer.

Wenchangxing, le dieu chinois des lettrés



 Wenchangdijun, « Empereur Wenchang » ou Wenchangxing du nom de la constellation qu'il incarne, est un dieu chinois qui a le pouvoir de favoriser la réussite aux examens. Il est parfois appelé « Dieu des lettrés » ou « Dieu de la littérature ». Comme beaucoup de divinités, il est le produit de la fusion de divers éléments.
Le Shiji, ouvrage historique de la dynastie Han, présente Wenchang comme le nom d’un ensemble de six étoiles visibles à certains moments près de la Grande Ourse, nommées shangjiang, cijiang, guixiang, siming, sizhong et silu. Certaines sont mentionnées individuellement dans des textes des Royaumes combattants comme gouvernant la destinée. La composition du nom Wenchang, de wen "écrit" et chang"prospérité", a pu influencer la spécialisation de la divinité.

Sur la montagne Qiqushan dans le Sichuan, se trouvait un temple consacré au dieu de Zitong, divinisation de Zhang Yazi ou ZhangYu, héros local de la dynastie Jin, chef de la résistance aux Qin antérieurs mort au combat en 374. Lui étaient attribuées diverses qualités : modèle de vertu, de fidélité au souverain et de piété filiale de son vivant, guérisseur de surcroît. Culte à l'origine local, le dieu et son temple accédèrent à une renommée nationale grâce à la faveur impériale. Tout commença par une visite de l'empereur Xuanzong des Tang de passage dans la région ; il voulut saluer le héros militaire et lui décerna un titre de ministre. Par la suite, le dieu de Zitong sera promu par d'autres empereurs, sous les Tang, les Song et lesYuan ; Renzong des Yuan lui décerna en 1316 le titre de "Grand empereur Wenchang soutien de la dynastie Yuan", confirmant son identification avec l'astérisme divinisé Wenchang. La divinité locale polyvalente avait en effet acquis la réputation de contrôler les résultats des examens impériaux, système mis en place sous les Sui et les Tang, et devenu de plus en plus important au fur et à mesure des dynasties successives. Des temples étaient apparus un peu partout, le plus grand restant celui d’origine dans le Sichuan. L'empereur lui fit édifier en 1454 (dynastie Ming) un temple à Pékin et instaura l'usage d'y envoyer chaque année une délégation de la cour à l'occasion de l'anniversaire du dieu, le 3 du 2e mois lunaire. Sous les Qing, en 1801, l'empereur Renzong le fit inscrire dans le registre du culte impérial. Beaucoup d'écoles abritaient sa statue.

Wenchangdijun est parfois accompagné de deux jeunes acolytes appelés "Sourd" et "Muet", associés respectivement au Ciel et à la Terre (Tian long et Diya). Leur origine est obscure ; tout au plus peut-on penser que leur nom pourrait avoir été inspiré par celui du personnage historique divinisé, Yazi, homonyme de “muet”. On s’accorde en tout cas sur leur symbolisme : l’importance pour un fonctionnaire de ne pas faire étalage de ses talents et de savoir rester sourd ou muet si nécessaire.

Le système mandarinal a disparu, mais les candidats aux examens de toute sorte continuent de prier Wenchangdijun pour mettre le maximum de chances de leur côté. Les offrandes sont choisies pour leur homonymie ou assonance avec les effets espérés. Y figurent le plus souvent du céleri (diligence), de l’oignon vert (intelligence), un navet (chance) ; la liste peut s’allonger au gré de l’imagination du futur candidat : huile (encouragement), ail (capacités de calcul)... Certains préconisent d’éviter les fruits ronds et tout ce qui peut rappeler le chiffre zéro. Des bonbons sont souvent offerts aux divinités ; à Taïwan il s'agit le plus souvent de nougats. L'une des premières friandises haut de gamme d'inspiration étrangère fabriquée dans l'île, ils sont restés le choix préférentiel pour les offrandes, malgré la variété disponible de nos jours. Une légende probablement récente en attribue l’invention à un candidat aux examens à qui le dieu aurait communiqué la recette en rêve.

Le Bouddha Amitābha


Amitabha, la théologie de la Terre pure (chinois : jingtuzong) et ses sutras, furent apportés en Chine entre 150 et 200 par le moine parthe An Shigao et le moine kouchanais Lokaksema, qui les ont traduit en langue chinoise (‘'Sutra de la vie infinie'' et ‘'Sutra d'Amitabha''). Amitabha est inconnu dans le bouddhisme ancien et l'on peut penser que son culte s'est développé dans les premiers temps de l'ère chrétienne. Sa plus ancienne statue identifiée par une dédicace, datant de la seconde moitié du IIe siècle (28e année du règne de Huvishka), vient de Govindo-Nagar dans l'Empire kouchan ; elle se trouve actuellement au musée de Mathura dans l'Uttar Pradesh.

Son origine géographique et son caractère de religion de foi et de dévotion ont fait penser à une possible influence persane ; le terme de “paradis” semble d'ailleurs être entré en Europe par le biais de contacts avec les Persans ou les Parthes.

L'école de la Terre pure prit son réel essor en Chine au Ve siècle avec la fondation du monastère du mont Lushan par Huiyuan en 402. La théologie fut systématisée par Shan-tao au VIIe siècle. A la fin du XIIe siècle, fut créée au Japon la branche Jodo Shu.

Amitabha dans le Vajrayana :

Mandala-Amithaba est en bas opposé à Ratnaketu, remplacé ultérieurement par AkshobhyaAmitabha a pénétré au Tibet au VIIIe siècle avec Padmasambhava. Le Vajrayana l'a incorporé dans l'élaboration ésotérique des cinq bouddhas de sagesse, (bouddhas de dhyani ou jinas), avec Vairocana, Akshobhya, Ratnasambhava, et Amogasiddhi. On peut le voir sur les mandalas dits "de la Terre de diamant" les représentant à l'opposé d'Akshobhya (parfois Ratnaketu). Il est associé à l'Ouest et sa couleur est en général le rouge, couleur du soleil couchant, de la compassion, de l'amour et de la puissance émotionnelle. C'est le bouddha le plus accessible.

Une autre élaboration se concentre sur le couple Amitabha / Akshobhya, représentant respectivement la compassion et l'impassibilité, deux éléments complémentaires. Akshobhya règne sur le paradis oriental (Abhirati) de la Terre de diamant.

On trouve souvent Amitabha sous sa forme parée, Amitayus , ou en union avec sa parèdre Pandara, ainsi qu'en compagnie d'Avalokiteshvara. Son effigie se retrouve très souvent dans la coiffe de ce dernier, dont il est le chef de lignée.

On l'appelle également Lokanatha ("seigneur du monde") ou Padmapani ("qui a un lotus à la main"). Son mantra est «Om ami dhewa hri».

Le Panchen Lama, qui vient juste après le Dalai Lama dans la secte des Gelugpa du bouddhisme tibétain est sa réincarnation.

Amitabha et Avalokiteshvara : 

Il est souvent représenté avec Avalokiteshvara considéré comme son assistant, parfois en collaboration avec Mahāsthāmaprāpta (Shì Zhì) Il se place alors à droite et Mahāsthāmaprāpta à gauche. Dans le bouddhisme populaire et la religion chinoise, Guanyin (forme féminine d'Avalokiteshvara) et Amitabha (Amituofo) ont souvent la même fonction : ils ont tous deux juré de ne pas entrer au nirvāna tant que tous les êtres n'y seraient pas, et réciter leur nom peut aider à faire entrer au paradis occidental, dans lequel ils résident, Amitabha en étant le “maitre”.

Légende d'Amitabha :

Dans le Sukhavativyuhasutra , le bouddha Sakyamuni relate l'histoire du bouddha Amitabha :

Un roi se rendit auprès du bouddha Lokesvararaja pour prendre voeu de bodhisattva. Il résolut de devenir un bouddha régnant sur un paradis où pourraient entrer tous ceux qui l'invoqueraient. Il prononça 48 voeux. Les 18e et 19e sont semblables au voeu que l'on prête à Avalokiteshvara : renoncer au nirvāna tant que tous les êtres ne seraient pas entrés dans son paradis.

Invocations :

La récitation du nom d'Amitabha (chinois : nianfo) est une pratique importante de l'école de la Terre Pure dont il est la déité principale. Certaines branches considèrent même que cet exercice suffit à donner accès au paradis d'Amitabha.

En dehors même de la pratique de la Terre Pure, ces invocations (chinois : Nàmó Āmítuó fó) sont gratifiées d'un pouvoir spirituel et protecteur. Elles peuvent également servir de salutation aux moines ou aux fidèles pieux lorsqu'ils se rencontrent. La forme simplifiée chinoise (Amituofo) est parfois utilisée pour exprimer un choc ou une forte émotion.