Le Bouddha Amitābha


Amitabha, la théologie de la Terre pure (chinois : jingtuzong) et ses sutras, furent apportés en Chine entre 150 et 200 par le moine parthe An Shigao et le moine kouchanais Lokaksema, qui les ont traduit en langue chinoise (‘'Sutra de la vie infinie'' et ‘'Sutra d'Amitabha''). Amitabha est inconnu dans le bouddhisme ancien et l'on peut penser que son culte s'est développé dans les premiers temps de l'ère chrétienne. Sa plus ancienne statue identifiée par une dédicace, datant de la seconde moitié du IIe siècle (28e année du règne de Huvishka), vient de Govindo-Nagar dans l'Empire kouchan ; elle se trouve actuellement au musée de Mathura dans l'Uttar Pradesh.

Son origine géographique et son caractère de religion de foi et de dévotion ont fait penser à une possible influence persane ; le terme de “paradis” semble d'ailleurs être entré en Europe par le biais de contacts avec les Persans ou les Parthes.

L'école de la Terre pure prit son réel essor en Chine au Ve siècle avec la fondation du monastère du mont Lushan par Huiyuan en 402. La théologie fut systématisée par Shan-tao au VIIe siècle. A la fin du XIIe siècle, fut créée au Japon la branche Jodo Shu.

Amitabha dans le Vajrayana :

Mandala-Amithaba est en bas opposé à Ratnaketu, remplacé ultérieurement par AkshobhyaAmitabha a pénétré au Tibet au VIIIe siècle avec Padmasambhava. Le Vajrayana l'a incorporé dans l'élaboration ésotérique des cinq bouddhas de sagesse, (bouddhas de dhyani ou jinas), avec Vairocana, Akshobhya, Ratnasambhava, et Amogasiddhi. On peut le voir sur les mandalas dits "de la Terre de diamant" les représentant à l'opposé d'Akshobhya (parfois Ratnaketu). Il est associé à l'Ouest et sa couleur est en général le rouge, couleur du soleil couchant, de la compassion, de l'amour et de la puissance émotionnelle. C'est le bouddha le plus accessible.

Une autre élaboration se concentre sur le couple Amitabha / Akshobhya, représentant respectivement la compassion et l'impassibilité, deux éléments complémentaires. Akshobhya règne sur le paradis oriental (Abhirati) de la Terre de diamant.

On trouve souvent Amitabha sous sa forme parée, Amitayus , ou en union avec sa parèdre Pandara, ainsi qu'en compagnie d'Avalokiteshvara. Son effigie se retrouve très souvent dans la coiffe de ce dernier, dont il est le chef de lignée.

On l'appelle également Lokanatha ("seigneur du monde") ou Padmapani ("qui a un lotus à la main"). Son mantra est «Om ami dhewa hri».

Le Panchen Lama, qui vient juste après le Dalai Lama dans la secte des Gelugpa du bouddhisme tibétain est sa réincarnation.

Amitabha et Avalokiteshvara : 

Il est souvent représenté avec Avalokiteshvara considéré comme son assistant, parfois en collaboration avec Mahāsthāmaprāpta (Shì Zhì) Il se place alors à droite et Mahāsthāmaprāpta à gauche. Dans le bouddhisme populaire et la religion chinoise, Guanyin (forme féminine d'Avalokiteshvara) et Amitabha (Amituofo) ont souvent la même fonction : ils ont tous deux juré de ne pas entrer au nirvāna tant que tous les êtres n'y seraient pas, et réciter leur nom peut aider à faire entrer au paradis occidental, dans lequel ils résident, Amitabha en étant le “maitre”.

Légende d'Amitabha :

Dans le Sukhavativyuhasutra , le bouddha Sakyamuni relate l'histoire du bouddha Amitabha :

Un roi se rendit auprès du bouddha Lokesvararaja pour prendre voeu de bodhisattva. Il résolut de devenir un bouddha régnant sur un paradis où pourraient entrer tous ceux qui l'invoqueraient. Il prononça 48 voeux. Les 18e et 19e sont semblables au voeu que l'on prête à Avalokiteshvara : renoncer au nirvāna tant que tous les êtres ne seraient pas entrés dans son paradis.

Invocations :

La récitation du nom d'Amitabha (chinois : nianfo) est une pratique importante de l'école de la Terre Pure dont il est la déité principale. Certaines branches considèrent même que cet exercice suffit à donner accès au paradis d'Amitabha.

En dehors même de la pratique de la Terre Pure, ces invocations (chinois : Nàmó Āmítuó fó) sont gratifiées d'un pouvoir spirituel et protecteur. Elles peuvent également servir de salutation aux moines ou aux fidèles pieux lorsqu'ils se rencontrent. La forme simplifiée chinoise (Amituofo) est parfois utilisée pour exprimer un choc ou une forte émotion.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire